Que dit-elle ?

D'après un texte du Dr. Chandra Datta, publié dans le magazine Ananda Varta,  Volume 15 - No4, page 160, 1968.
(lire la version traduite de l'hindi en anglais)


Après avoir rencontré la Divine Mère, beaucoup de gens se posent naturellement la question, mais quel est son enseignement ? Quel conseil donne-t-elle ? Que dit-elle?

A de telles questions, je réponds : La Divine Mère ne suit aucune doctrine en particulier.
Sa spécialité, c'est qu'elle n'a pas un type d'enseignement uniforme.

Parfois, j’ajoute : Plutôt que de me demander ce que enseigne, eh bien, allez à sa rencontre. Écoutez vous-même ses paroles. Entendez ce nectar délicieux qui s'écoule depuis ses lèvres. Écoutez le silence derrière son rire. Comprenez le message de son regard. Entendez ce qu’elle dit dans les mots, mais également ce qu'elle ne dit pas.

Lorsque j'ai rencontré , je me suis intéressé à ceux qui s'étaient dévoués entièrement à elle. Certains étaient des renonçants, des sannyasis, et d'autres avaient une vie de famille. Certains portaient des graines de tulasi, des vishnouites, et d'autres portaient des graines de rudraksha, vénérant le Seigneur Shiva.
Je voyais certains avoir un trident dans la main, d'autres un bâton et un bol pour faire l'aumône.
Et puis, d'autres encore n'avaient rien, absolument rien.
Certains chantaient des hymnes védiques. D'autres étaient des advaïtines, ceux qui suivent, l'advaïta vedanta, la voie de la non-dualité.
Et puis certains pleuraient, pleuraient d'émotions en regardant le visage de la divine Mère.
En les connaissant mieux, j'ai découvert que certains avaient été initiés par des gurus de la ligne Tirtha, d'autres par la ligne Giri, d'autres encore par la ligne Puri.

Tous m’ont dit : « Quel que soit le chemin, c'est et uniquement elle qui me guide. »

Après avoir rencontré la divine mère, certains hommes, certaines femmes ont quitté leur maison pour vivre à ses côtés. Mais souvent, le plus souvent, elle recommandait à ceux qui voulaient venir en ashram de se marier.

Elle leur disait : « Souvenez-vous, où que vous soyez, cette petite fille sera toujours, toujours avec vous. »

Au coeur de toute cette diversité, ce tient la divine Mère qui coordonne les courants qui s'en vont dans toutes les directions.
Si l'on pense à l'histoire de la spiritualité dans le monde, alors une nouvelle ère s'est ouverte avec l'apparition de Sri Ramakrishna Paramahamsa, quelques 60 ans avant Anandamayi Mâ.
Il a expérimenté toutes sortes de pratiques, toutes sortes de religions, et il a dit que toutes les religions étaient un chemin authentique vers le Suprême.
Lorsque nous observons , nous voyons qu'elle a cultivé toutes ces différentes approches. a nourri tous ces enfants. Ces enfants étant les différentes voies, la voie de la dévotion, la voie de l'action, la voie de la connaissance, la voie de l'introspection.

Alors comment parler d'un enseignement de Mâ ?

Un jour, elle dit : « Il y a un nombre infinie de voies, des façons innombrables d'avancer et une infinité d'État.
- Est-ce qu'il y a une infinité d’États spirituels?
dit :
- Oui, mais il y a quelque chose au-delà de tous les Etats, de tous les chemins, de toutes les pratiques, où tous les Etats, tous les chemins et toutes les pratiques se dissolvent dans la réalité Une. Il n'est même plus question de chemin. La caractéristique du monde relatif, du monde phénoménal, c'est sa diversité.
Mère, tout, absolument tout est la manifestation du Seigneur. Il est lui-même cette diversité. Quel que soit le chemin qui est pris, quel que soit la voie, quel que soit l'enseignement, une seule chose importe ; Se consacrer entièrement à ce qui est la pratique, qui consiste à se souvenir de sa Véritable Nature, à se rappeler de cette Vérité, à retrouver le trésor authentique. Eh bien, cela est appelé Sadana. »

Quelque soit l'activité qui contribue à ce rappel à Soi, eh bien c'est ça le vrai devoir, selon .
Tout ce qui va venir s'opposer à cet effort doit être écarté, doit être évité. Pour cela, laissez-moi vous raconter une anecdote. Une jeune épouse était constamment en samadhi, en extase spirituelle.
Ou plutôt les gens imaginaient qu'elle était en samadhi. Parfois, elle semblait sans vie, et ses bras et ses jambes devenaient totalement froids. Une fois, cela s'est produit en présence de la divine Mère. La divine Mère a compris tout de suite ce qui se passait avec cette jeune femme. Elle a chuchoté un mantra à son oreille.
Et quel était ce mantra ?
« Vous recevrez bientôt une lettre de votre mari. »
À partir de ce moment-là, les extases spirituelles disparurent, et son comportement devint tout à fait normal. Ce n'était pas un samadhi.

Il y a eu un autre incident pour illustrer cela. Un jeune homme avait des visions, des visions célestes, des visions divines.
Par exemple, il pouvait voir le Seigneur Krishna expliquer l'enseignement de sagesse à Arjuna, comme s'il était témoin de cette scène de la Bhagavad Gita. Il était bien sûr très ému par ce type de vision. Des larmes s'écoulaient constamment sur ses joues.

Alors la divine Mère lui dit quelque chose : « Ne perdez jamais la maîtrise de vous-même. Ceux qui recherchent la vérité ne peuvent être victimes ou submergés par leurs propres émotions. Au contraire, pleinement conscients, pleinement éveillés avec l'attitude du spectateur, ils doivent observer tout ce qui se produit, sans s'identifier et sans s’impliquer. »

Il y avait aussi cette dame qui avait des extases. Des extases qu'on appelle Bhava Samadhi. Des extases amoureuses pour le Seigneur.

Mataji, Anandamayi Mâ, commenta : « Elle reconnaît elle-même qu'elle est très heureuse lorsqu'elle est dans cet état. Mais ça veut dire que lorsqu’elle n'est pas dans cet état, elle n'est pas si heureuse que ça. »
avertissait ses fidèles en disant que c'était difficile parfois de distinguer le cuivre de l'or.
Sur le chemin de la vérité, il faut être absolument honnête avec soi-même et comprenait intimement ce qui se jouait en chaque cherchant.

Un autre élève remarqua, il dit : « Les gens du Bengal, ils sont très émotifs, ils manifestent leur dévotion de manière très visible. Alors ils dansent, ils chantent, avec emphase, et puis deux heures après, ils sont complètement déprimés. Mais ça sert à quoi ces montées d’émotions si c'est pour retomber comme cela ? »

dit : « C’est vrai que la joie de la dévotion qui ne dure pas n'a pas beaucoup de valeur. Mais ce qui doit se jouer, ce qui doit se déployer dans la manifestation, pour tous ces dévots, au moins pendant un moment, leur regard se tourne vers ce qui est. »
Oui, conseillait toujours, à tout le monde, de focaliser leur attention sur Dieu.

Un jour, un homme d'âge mûr demanda à s’il pouvait rentrer chez lui à la maison.
Et a rit.
Elle a dit : « Oui, préparez-vous à rentrer à la maison. Ce que vous appelez votre maison maintenant, c'est juste temporaire. C'est drôle, dit-elle, que tout le monde est pressé de rentrer chez lui en imaginant que c'est sa maison. Seulement, ils ne savent pas quelle est leur vraie demeure. »

Elle dit à l’homme : « Ô père, ce que tu appelles la maison, c’est juste une auberge de passage, que tu devras quitter un jour, sans avertissement. »
Ceux qui veulent connaître leur véritable demeure, alors, pour cela, Mère organise absolument tout en fonction de leur profil, de leur « personnalité ».

a dit : « Quel que soit la foi, quel que soit le chemin, alors moi, j’aiderai, j'aiderai celui qui est sur la voie. Parce que finalement, ce qui aide n'est autre que ce qui Est. »
Les paroles de sont magnifiques.

Un autre jour, elle nous a dit : « Gardez un petit bonbon dans la bouche. »
On appelle ça un mishri, en Bengali, un mishri.
« Gardez un petit bonbon dans la bouche, un petit bonbon délicieux. Quel est le bénéfice de cela ? Eh bien, lorsque vous travaillez, vous êtes au bureau, lorsque vous lisez, que vous écrivez, que vous échangez avec vos amis, une partie de votre attention sera toujours placée sur la douceur du bonbon.
Qu'est-ce qu'est la douceur du bonbon? Le nom du Seigneur. »

a dit : « Dans le nom du Seigneur, le Seigneur lui-même est présent. Il y a d’autres formes de vénérations qui impliquent de se rendre dans un temple ou dans un ashram, mais lorsqu'on se focalise sur la présence dans le nom du Seigneur, on n'a pas besoin d’aller nulle part.
Dans le nom, sa chère Présence suprême est toujours disponible ou que nous soyons. »

dit encore : « Le nom du Seigneur, c'est comme du tamarin, plus vous répétez son nom, plus votre esprit se purifie, plus les impuretés et les malas, c'est-à-dire les croyances (par exemple, « je suis le corps », les croyances que ceci ou cela m’appartient), tout cela disparaît.
Répétez le nom, ça veut dire nettoyer. En nettoyant, votre véritable nature se révèle.
Cela est véritable connaissance, Jnana. Par l’eau bienfaisante de la connaissance, tout le karma sera effacé. »

Il y a déjà de très nombreuses voies. Alors pourquoi inventer une nouvelle voie ?
dit : « Il y a beaucoup de jouets et puis le jeu de « Je vais m’éveiller » a été joué pendant de si nombreuses existences. Quel que soit le jeu que vous allez pratiquer, vous comprendrez que tout est pareil. Dire « je ne vais pas y arriver, je ne vais pas m’accomplir », tout cela, c'est de la paresse.
Le jour qui est passé ne reviendra jamais. Vous êtes tellement occupé avec les jouets du monde que vous n'avez pas de temps pour jouer le véritable jeu.

Une jeune fille se plaint un jour.
Elle dit : « , j'ai passé du temps avec vous, mais je ne suis pas satisfaite. »

sourit et commença a raconter une histoire.
Elle dit : « Un homme s'est rendu au marché pour faire du shopping. Puis quand il est arrivé là-bas, il y avait beaucoup de monde. C'était très bruyant.
Alors il a dit : « Bon, je vais attendre que tout le monde parte, et là je pourrai faire mes courses tranquille. »
Puis il a attendu à un moment. Finalement, la foule s'est dispersée, le marché est devenu tranquille. Mais quand il s'est approché de l'étal, il a vu que tout ce qui avait une valeur était déjà parti.
Dans le jeu du monde, il y a toujours de la confusion, des troubles. Ça fait partie du jeu, du lilà. Alors faites face aux difficultés et vous aurez aussi les articles de valeur. »

Une autre question qui était posée à , et une question qui est posée à de nombreux enseignants également, c'est :
« mon esprit n'est jamais tranquille. Que puis-je faire ? »
souriait, puis disait : « Je n'ai pas remarqué que votre esprit était très agité. Il s'est vraiment agité pour retrouver le Seigneur ?
Parce que lorsqu’il sera vraiment agité, mobilisé à cent pour cent, pour se souvenir de sa véritable nature, alors là, il pourra redevenir tranquille. »

Une femme mariée posa la question à .
« , dans ma maison, personne n'approuve mes pratiques. Personne n'approuve mon puja, la répétition des noms du Seigneur, la méditation, tout ça… Non.
Mon mari, mon beau-père, mes beau-frères, ils sont tous contre.
Qu'est-ce que je dois faire ? »

dit : « Une fois par mois, du matin au soir, regardez toute votre famille, comme s’ils étaient des manifestations du Seigneur, car ils sont cela.
Votre mari, votre beau-père, vos beau-frères, eh bien, voyez-les comme différentes incarnations du Seigneur.
Regardez vos enfants comme s'ils étaient le petit Krishna, la petite Kumari.
Quelle que soit les personnes qui se présentent à votre porte, voyez-les comme des formes de Dieu.
Et si ce jour-là, des problèmes se présentent, traitez-les comme des messagers du Seigneur. Si vous continuez, si vous persévéré dans cette voie, vous verrez que les circonstances vont devenir favorables pour tourner votre regard, votre attention vers ce qui est.
Faites-ça une fois par mois et ensuite une fois par semaine, puis vous verrez que le bonheur que vous ressentez durant ce jour consacré au Seigneur influencera le reste de la semaine.

poursuivi, chacun doit avancer selon son chemin.
Celui qui est amoureux du Seigneur doit voir le Seigneur comme l’amant Suprême.
Celui qui suit la voie de la connaissance doit voir le Seigneur comme la Connaissance elle-même, comme le Brahman sans forme.
De même qu'une seule et même personne peut être à la fois les fils, le mari et le père, eh bien le Brahman est simultanément être (Sat), conscience (Chit), et plénitude (Ananda).
Quelque soit l’angle selon lequel nous regardons le Seigneur, nous trouverons le Seigneur.
Car il n'y a que cela, il n’y a que ce qui est.
S'il décide de se consacrer au yoga alors il s’unira, l'Union éternelle.
Tous, le bhakta, le dévot, le Jnanin, le connaissant du Soi, et le yogi, le pratiquant des yoga, tous ceux-là transcenderont les couples d’opposés. Il ne sera plus question d'Union ou de séparation. En définitive, l'Eternité, l’absence d'Eternité, aller au-delà ou non, tout cela n'existe pas. »

a dit, exactement comme Sri Ramakrishna, qu'il y a autant d'approches spirituelles que de personnages.

« Comment cela se fait-il que tout ces chemins mènent au Soi ?
Je veux atteindre Vaikuntha, le royaume de Vishnu, et ce n'est pas Kailash, la montagne sainte de Shiva. Je veux la pure connaissance, mais c'est différent de l'Amour éternel. »

répond : « Tout est contenu en tout. Une petite graine contient un nombre infini d’arbres. »
Vous voyez, les paroles de ne sont pas de simples paroles.
Elles sont des Lotus qui éclosent et produisent un parfum merveilleux.
Les paroles de sont les étincelles du feu éternel.
Les paroles de Mâ sont des champs qui se balancent au rythme des vagues de l'extase divine.
Chaque parole de est un mantra qui ouvre le cœur.
Chaque parole de est un rayon de lumière qui avale, détruit l'obscurité du doute et de l'argument.
Comment puis-je vous faire partager, chers amis, ce parfum, ce feu, cette extase divine, ce pouvoir des mantras, ces rayons de lumière.
Ceux qui écoutent les paroles de la divine Mère, savent intuitivement, directement, qu'elle divine magie est contenue dans les douces paroles de Mâ Ânandamayî, pleines de grâce.