Méditation
Question : On demande aux gens d'adorer Dieu, de chanter Ses louanges dans des hymnes, de faire des puja, de répéter constamment Son nom, et ils font tout cela sans savoir ce qu'est Dieu. Pouvez-vous nous expliquer ?
Réponse : Dieu est omniscient et on ne peut connaître sa véritable nature avant d'avoir atteint la réalisation de Soi.
On découvrira alors qu'Il n'est autre que soi-même, le seul Atman, le seul Soi qui existe, et qu'Il est avec une forme comme le monde et sans forme comme Chit, la pure conscience.
En attendant, les prières, l'adoration et la méditation doivent être effectuées.
Question : Nous méditons tous sur vous Mataji ; et Vous, sur qui méditez-vous ? (rires de l'assemblée)
Mâ : Juste à présent, sur quoi méditez-vous ?
Présentement, vous regardez et parlez ; et quand vous voulez méditer, vous restez silencieux en faisant le calme.
Dans ces deux cas, sur quoi méditez-vous ?
Parler, ne pas parler, regarder, ne pas regarder, dans toutes ces situations, il n'y a qu'une Vérité.
Question : En d’autres termes, voulez-vous dire qu’en toute circonstance vous méditez sur Dieu ?
Mâ : Quoi que ce soit qui apparaisse, n'est-ce pas le Soi ?
Dans cet état, le méditant, la méditation et la chose méditée, ces trois termes ne font qu'un.
Débrouillez-vous pour comprendre ce sur quoi je médite !
Vous pouvez comprendre que je médite sur vous car je suis ici et vous êtes face à moi, n'est-ce-pas ?
Mais la vérité, c'est que ce que je suis, vous l’êtes aussi !
Ce que vous êtes, c'est cela que je suis.
Le Soi lui-même est l'Absolu et l'Absolu est l'Unique Réalité.
Alors comment peut-on méditer et sur quoi ?
Quand on est devenu Un avec le Soi, qui peut donc méditer sur le Soi ?
Question : Mâ, mon mental est très instable, je ne peux me concentrer sur rien. Que dois-je faire ?
Mâ : Si votre mental ne s'attache à aucun objet, alors vous êtes libre de tout attachement, c'est une bénédiction !
(Rires de l'auditoire... Puis quelqu'un précise que cette question est posée par un jeune garçon. Mâ s'explique donc d'une manière qui lui soit accessible.)
Mâ : Où est ce garçon ? Faites-le venir près du micro.
(Mâ, lui répondant en face à face)
Si votre mental ne s'attache jamais à rien, c'est une très bonne chose. C'est même une bénédiction.
Car quand le mental n'est attaché à aucun objet, le vrai vous-même peut se révéler.
Pourquoi donc essayeriez-vous d'attacher votre mental à quelque chose ?
Le jeune garçon : Mais je veux contrôler mon mental pour méditer et je n'y arrive pas. Que dois-je faire ?
Mâ : Il vous faut simplement vous concentrer sur le nom de Dieu.
Le jeune garçon : Dieu a tellement de noms différents. Lequel dois-je choisir ?
Mâ : Choisissez le nom de Dieu qui vous touche le plus et répétez celui que vous aurez ainsi choisi.
Si vous l'aimez, votre mental sera satisfait ; donc prenez le nom qui vous plaît le plus et méditez aussi sur la forme divine qui lui correspond.
Le jeune garçon : J'ai foi en Vous. Quel que soit le nom que vous me suggérerez, c'est celui que je souhaite prendre.
Mâ : D'accord !
Est-ce qu'ici, en face de toute l'assemblée, vous êtes prêt à prendre un Nom ?
Le jeune garçon : Oui.
Mâ : Bien ! Alors répétez tous les noms de Dieu que vous connaissez, les uns après les autres.
La foule (après de longs éclats de rire) : Il ne sait pas combien Dieu a de noms. Que faut-il faire ?
Mâ : Quels noms de Dieu connaissez-vous ?
Le jeune garçon : J'en connais un certain nombre, mais j'en veux Un qui vienne de Vous !
Mâ : Dites-moi les noms que vous connaissez.
Le jeune garçon : Jusqu'à présent, je répétais les noms de Ma Bhagavan, Ram, Krishna, Shankara Bhagavan...
Mais aujourd'hui je ne répéterai un Nom qu'après vous.
Mâ : Rama, Krishna, c'est très bien.
Q : Comment les premiers samskara ont-ils été formés ?
Mâ : Ces questions-là relèvent de la cosmologie.
Celle-ci en particulier est née dans votre esprit, de même que vous avez en vous les concepts de création, de continuation et d’annihilation.
Toutes les actions que vous effectuez, vous les effectuez pour une raison donnée et c’est pour cela que vous considérez que Dieu a des raisons Lui aussi. Mais dans le domaine de la Vérité dernière cela n’a aucun sens. C’est pour cette raison que les védantistes appellent cela Maya (illusion).
Triguna Babu : Mâ, ne devrions-nous pas consacrer davantage de temps à la méditation ?
Mâ : Si, car cela renforce la concentration. Et puis la méditation finit par s’épuiser, par se dissiper durant son propre cours. Et ce qu’elle laisse derrière elle est indicible.
Triguna Babu : Si la méditation elle-même accroît la concentration, alors nous pourrions très bien méditer sur les choses de tous les jours ?
Mâ : La méditation sur les choses de la vie courante augmente sans aucun doute la concentration, mais elle crée des liens, des attaches. Seule la méditation sur les choses vraies peut rompre ces attaches.
Question : Le soi Atman et le Brahman suprême ne sont différenciés que par la limitation. La réalisation qui vient par la méditation constante sur "Je suis la Vérité-Conscience-Félicité" est la réalisation de soi.
Puisqu'il n'y a pas de réalisation du Suprême, il doit donc s'agir d'une réalisation partielle. Est-ce exact ?
Réponse : Si vous pensez qu'il y a des parties dans le Suprême, vous pouvez dire "partielle".
Mais peut-il y avoir des parties dans le Suprême ?
Comme vous pensez et ressentez en parties, vous parlez de "toucher", mais Il est entier, Ce qui Est.