Bhakti
Q : Peut-on déposer aux pieds du Seigneur ce qu’on fait au bureau, dans ses affaires, etc.?
Mâ : Efforcez-vous d’exécuter tout travail dans un esprit de consécration.
Essayer de s’abandonner est tout autre chose que l’abandon qui arrive sans effort. De même que faire du japa n’est pas du tout la même chose que le japa qui arrive spontanément. La pratique constante de l’abandon à Dieu amènera finalement à s’abandonner à Lui.
Q : Pourquoi le mental est-il instable même après avoir prononcé le vœu de sannyâs ?
Mâ : Parce que votre indifférence aux plaisirs du monde n’est pas encore parvenue à maturité.
Consacrez chaque parcelle de votre énergie et de votre force à essayer de réaliser Dieu.
Tout ce que fait Dieu est parfait. Puisque vous avez obtenu cette bénédiction qu’est le corps humain, utilisez-le à atteindre la réalisation de Dieu.
Essayez de toutes vos forces et vous réussirez sûrement.
Beaucoup de gens ont l’habitude de regarder en arrière tandis qu’ils avancent.
Ne revenez pas sans cesse sur le passé, car cette habitude freinera votre progrès.
Continuez votre travail sans vous préoccuper des résultats. Ne sollicitez pas Dieu sans cesse !
Sans aucun doute vous récolterez les fruits de votre labeur.
Si vous méditez concentré sur un seul but, Dieu se révèlera certainement à vous. Utilisez les pouvoirs de votre mental et de votre ego pour accomplir votre sâdhanâ.
Dépêchez-vous de vous engager dans les exercices spirituels, et la lumière viendra à vous.
Ne vous souciez pas des résultats de ce que vous entreprenez.
Brûlez vos désirs au feu du discernement et du renoncement, sinon faites-les se dissoudre dans la dévotion. Utilisez un de ces deux moyens.
Q : Lequel est le meilleur ?
Mâ : Cela dépend de ce qui convient le mieux à chaque personne.
Ce qui est consumé par le discernement et le renoncement peut l’être aussi par la dévotion.
Q : Mes désirs n’ont ni envie de brûler ni de se dissoudre. Que faire ?
Mâ : Celui qui prétend ne pas vouloir, en réalité le veut.
La nature même de l’homme est de vouloir.
Pourquoi êtes-vous pris au filet ?
Ce n’est pas dans ce filet que votre désir s’apaisera.
Des femmes s'approchent de Mâtâji pour la saluer.
Mâ reste silencieuse.
Après leur départ, elle dit :
Voyez, est-il possible de saluer d'une manière juste ?
Quel est le sens de ces pranâma ?
Bien, c'est comme déverser de l'eau d'un pot à l'extérieur. Si le pot est tourné à l'envers, toute l'eau se déverse.
De la même manière, une véritable salutation (pranâma) consiste à abandonner tout son contenu émotionnel aux pieds de ce que vous saluez.
Ne dites-vous pas que notre tête est le siège de toutes nos pensées et émotions ? Mais quand on s'incline très bas, rien n'est donné vraiment.
C'est comme remuer un poudrier : un peu de poudre tombe par les trous, non pas toute la poudre.
Aussi, tant que le pot à eau n'est pas vidé, le Divin ne pourra le remplir.
(Satsang rapporté dans In association with Sri Ma Anandamayi)
Q : Si personne ne peut faire quoi que ce soit en dehors de la volonté de Dieu, pourquoi devrais-je souffrir ou bénéficier des conséquences de mes actes mauvais ou vertueux ?
Mâ rit et dit :
Mâ : Vous croyez fermement que rien ne peut survenir sans la volonté divine, n’est-ce pas ?
Il répondit par l’affirmative.
Mâ : A ce moment-là, il n’est pas question que Baba ait des actions mauvaises ou vertueuses ; mais comme la question s’est posée en vous, je dirai que vous n’avez pas la volonté ferme que rien ne peut survenir sans la volonté de Dieu.
Le monsieur fut d’accord avec ce qu’affirmait Mâ. Elle ajouta :
Mâ : la foi est toujours aveugle.
Par la suite elle devient évidente, comme je vous vois et vous me voyez, mais au départ vous commencez par la foi aveugle et ensuite vous entrez dans le royaume de l’expérience.
Vous devez lire, Baba. Qu’est-ce que lire ? Je ne me réfère pas à la lecture des livres ; mais de même que les livres nous donnent des connaissances sur des sujets extérieurs et aident à transformer même un enfant ignorant en un savant compétent, de même il est un livre au fond de chacun d’entre nous.
Essayez de lire ce livre. En le lisant vous n’aurez plus aucun doute sur quelque sujet que ce soit et les questions ne s'élèveront plus en vous ; vous comprendrez par vous-même ce sujet sur lequel vous m’avez interrogée.
Q : Quel est le chemin le plus facile pour aller à Dieu ?
Mâ : Les larmes !
Q : Et si les larmes ne viennent pas ?
Mâ : Alors, passez du temps avec ceux qui versent des larmes par amour, par dévotion.
Q : J'ai fait cela pendant des années, sans constater en moi d'amélioration !
Mâ : Votre présence ici, vos question, sont des larmes. Poursuivez avec persévérance votre quête de Dieu.
Ne dites pas que vous n'avez rien retiré de ces années où vous vous joignez à d'autres dévots (satsang).
Sans elles, vous ne seriez pas là maintenant.
Mâ (en riant) : Baba, qu'est-ce qu'on appelle philosophie ?
Upendra : Qu’est-ce que j'en sais ?
Mâ : Oh! Vous connaissez tant de choses ! Vous enseignez les garçons (en me regardant) : Est-ce que ce n'est pas vrai ? Est-ce qu'il n'est pas professeur ?
Moi-même : Oui, Mâ, il enseignait, mais maintenant il est à la retraite.
Mâ (en riant) : Ainsi donc, vous êtes un enseignant plein d'expérience. Dites-moi, qu'est-ce que signifie "philosophie"?
Upendra : Je ne pourrais parler que simplement si vous me le demandez. Pourquoi ne parlez-vous pas ?
Mâ : Qu'ai-je donc étudié ? Vous, dites-nous !
Upendra : Parler de quelque chose dont on n'a pas la connaissance, voilà ce qu'on appelle philosophie!
Mâ : Peut-on parler sans connaître quoi que ce soit?
Upendra : Bien qu'on ne sache pas, on prétend savoir.
Mâ (en riant) : Oui, c'est savoir quelque chose sans le comprendre. Mais Baba, vous avez très bien parlé, en fait.
Afin de Le connaître, vous devez entrer dans votre vraie nature.
Vous demeurez dans le royaume du manque constant. Tout ce que vous faites ne fait que produire de plus en plus de manque. Il ne peut y avoir de paix tant que vous ne transformez pas cet état de manque (abhâva) en votre vraie nature (svabhâva).
Upendra : Que devons-nous faire ?
Mâ : Je vous répète ce que je dis à tout le monde : commencez avec vos études ! Ce qui est destiné à arriver aura lieu de lui-même.
Tenez, quand les enfants commencent à étudier, ils ont d'habitude un sujet dans lequel ils sont particulièrement forts. De même, quand quelqu'un se met en chemin pour la quête de la réalisation de Dieu, tout ce qui doit être fait se trouve révélé à partir de son propre intérieur. C'est pour cela qu'on dit que Dieu brille de Lui-même. Il montre lui-même le chemin qui mène à Sa réalisation. Ce qui est nécessaire pour vous, c'est simplement de vous mettre au travail - de commencer vos études.
Très souvent, vous niez que votre mental soit agité et qu'il vous est impossible de le stabiliser. Mais en fait, de par sa propre nature, le mental ne peut se reposer. C'est pour cela que je considère le mental comme un enfant. L'intelligence et le sens du 'je' (ahamkâra) sont les parents du mental - enfant. De même que le père et la mère influencent leur enfant qui ne veut pas travailler de différentes façons afin de le persuader d'apprendre à lire et à écrire, ainsi, grâce au discernement de votre sens du 'je' et de votre intelligence, vous devez concentrer votre mental. Ce travail doit être accompli avec patience et avec le zèle d'un esprit bien unifié. Sinon, il n'y aura pas de résultats. De même que quand vous désirez extraire de l'eau du sol, vous devez creuser patiemment à l'endroit choisi et ne pas piocher un peu par ici un peu par là, de même, afin de réaliser Dieu, vous devez pratiquer pendant longtemps avec une dévotion unifiée et une persévérance des plus grandes.
Souvent, on entend dire, quel que soit le nombre de fautes que le plus grand des pécheurs puisse avoir commis, ils seront tous purifiés en prononçant le nom de Râm même une seule fois. Cela est tout à fait vrai, tout comme une seule étincelle de feu brûle plus d'objets que ce que l'homme ne pourra jamais accumuler. Que vous récitiez son nom ou que vous l'adoriez, quoi que vous fassiez pour réaliser Dieu, si vous l'effectuez avec une patience sans faille et une dévotion unifiée, vous trouverez le chemin de la paix durable.
En nettoyant la forêt, vous obtenez un champ, vous n'avez pas besoin de créer un nouveau champ.
Vous répétez souvent "je-je" (ahamkar) "je suis Lui" (soham), n'est-ce pas ?
Savez-vous où cela mène ? C'est comme l'arbre et son ombre, si vous suivez l'ombre, vous arriverez à l'arbre.
De même, en vous concentrant sur "aham", vous arriverez au "soham".