Satsang avec Mâ
Il est indispensable de garder votre esprit dans un environnement clair et pur et d’avoir des discussions sur Dieu et la spiritualité. Gardez toujours ceci prêt à l’esprit.
Q : Que veut dire "s'abandonner au courant" ?
Mâ : Se poser cette question de toutes ses forces !
Q : Mais ne dites-vous pas Hari kathâ hi kathâ aur dab vrithâ viathâ : on doit parler de Lui seul, tout le reste n’est que vanité et souffrance.
S’il n’y a que le Un-sans-second, comment peut-il y avoir des paroles et un discours ?
Mâ : Demeurez seulement en Lui, habitez seulement en Lui !
On ne peut Le laisser de côté, bien qu’on puisse essayer de L’exclure.
Il est toujours là, mais si vous Le reconnaissez, Il sera aussi là sur le plan où les conversations et les discussions existent.
Un journaliste irlandais et un étudiant chercheur à l’Université hindoue de Bénarès vinrent pour le darshan de Mataji.
Q : Qu’avez-vous à dire sur ceux qui insistent sur le fait qu’il n’y a qu’une religion qui soit la bonne?
Ma : Toutes les religions sont des chemins vers Lui.
Q : Je suis chrétien…
Ma : Moi aussi, je suis chrétienne, musulmane, tout ce que vous voulez.
Q : Serait-il juste pour moi de devenir un hindou ou est-ce que mon approche doit se faire par la voie chrétienne ?
Ma : Si c’est votre destinée de devenir hindou, cela se produira de toutes façons. C’est comme vous ne pouvez pas demander ce qui arrivera en cas d’accident de voiture. Quand l’accident arrivera, vous verrez bien.
Q : Si je sens le besoin impérieux de devenir hindou, dois-je y céder ou est-il juste de le refouler, puisqu’on dit que chacun est né à la place qui est meilleure pour lui ?
Ma : Si vous sentez réellement le besoin de devenir hindou vous ne poseriez pas cette question, vous le feriez effectivement.
Cependant, ce problème a un autre aspect. Il est vrai que vous êtes chrétien, mais il y quelque chose d’un hindou en vous, sinon vous ne pourriez même pas connaître quoi que ce soit au sujet de l’hindouisme. Tout est contenu dans tout.
De même qu’un arbre produit des graines et que d’une seule graine des centaines d’arbres peuvent se développer, de même la graine est contenue dans l’arbre et l’arbre tout entier, potentiellement, dans une graine minuscule.
Q : Comment trouver le bonheur ?
Ma : Dites-moi d’abord si vous êtes d’accord pour faire ce que ce corps vous demandera.
R : Oui, je le suis.
Ma : L’êtes-vous réellement? Très bien. Maintenant, supposez que je vous demande de rester ici, en serez-vous capable?
R : Non, pas vraiment…(rires)
Ma : Vous voyez, le bonheur qui dépend de quelque chose d’extérieur, femme, enfants, réputation, amis ou n’importe quoi d’autre, ne peut durer ; mais trouver le bonheur en Lui qui est présent partout, votre propre Soi, voilà la chose réelle.
Q : Vous dites donc que le bonheur réside dans le fait de trouver mon propre Soi ?
Ma : Oui. Trouver votre Soi, découvrir ce que vous êtes réellement signifie trouver Dieu, car il n’y a rien en dehors de Lui.
Q : Vous dites que tout est Dieu ; mais certaines personnes ne sont-elles pas plus Dieu que d’autres ?
Ma : Pour celui qui pose cette question, il en est ainsi ; mais en réalité, Dieu est pleinement et également présent partout.
Q : N’y a-t-il pas de substance en moi en tant qu’individu ? N’y a-t-il rien en moi qui ne soit pas Dieu ?
Ma : Non. Même dans le fait de ‘ne pas être Dieu’, il n’y a que Dieu seul. Tout est Lui.
Q : N’y a-t-il aucune justification au travail professionnel ou dans le monde ?
Ma : S’occuper d’affaires mondaines agit comme un poison lent (jeu de mot probable entre vishay, les objets mondains et vish, le poison).
Progressivement, sans même s’en apercevoir, cela mène à la mort.
Est-ce que je dois conseiller aux Pitaji et Matajis (aux pères et mères) qui viennent me visiter de suivre ce chemin ? Je ne le peux.
Ce que ce corps dit est : "Choisissez la Voie de l’Immortalité, prenez le chemin qui, d’après ce que vous sentez de votre tempérament, peut mener à la Réalisation de votre Soi."
Néanmoins, même en travaillant dans le monde, il y a une chose que vous pouvez faire.
Quoi que vous fassiez tout au long de la journée, essayez de le faire dans un esprit de service.
Servez Dieu en chacun, considérez tous et tout comme Ses manifestations et servez-Le quel que soit le travail que vous entrepreniez.
Si vous vivez dans cet état d’esprit, le chemin vers la Réalité s’ouvrira devant vous.
Q : Que dire ? Je n'ai pas de foi dans les questions spirituelles !
Mâ : Où le "non" se trouve, le "oui " est là aussi potentiellement.
Qui peut affirmer être au-delà de la négation et de l'affirmation ?
Avoir une foi est impératif, la croyance d'une personne est grandement influencé par son environnement ; c'est pourquoi, choisissez la compagnie de personnes saintes et sages.
Croire signifie croire en son propre Soi ; ne pas croire signifie confondre par erreur le non-Soi avec le Soi.
Swamaiji : Mère, qu’êtes-vous en réalité ?
Les gens sont tous d’un avis contraire, et personne n’arrive à se mettre d’accord.
Que diriez-vous pour vous définir vous-même ?
Mâ : Vous voulez savoir ce que je suis… ?
Et bien, je suis ce que vous pensez que je suis. Rien de plus, ni rien de moins.
Swamiji : Quelle est la nature de votre Samadhi ?
Est-il d’un Savikalpa ou d’un Nirvikalpa ? Devenez-vous consciente ?
Mâ : Et bien, c’est à vous d’en décider !
Tout ce que je peux dire, c’est qu’au beau milieu de tous ces changements apparents, je sens et je suis consciente que je demeure la même.
Je sens qu’au-dedans de moi, il n’y aucun changement d’état.
Appelez ça du nom que vous voulez.
Est-ce un Samadhi ?
Bien des fois, cette question a été posée, et on y a répondu.
Q : Pourquoi êtes-vous venue dans ce monde ?
Mâ : Dans ce monde ? Je ne suis pas quelque part...
Je suis moi-même reposant en moi-même.
Q : Quand vous serez partie, nous nous sentirons très seuls : comment ferons-nous ?
Mâ : Je ne pars jamais. Pourquoi voulez-vous me repousser au loin ? Je suis toujours avec vous.
Q : Alors, demeurez-vous dans nos coeurs ?
Mâ : Dans vos coeurs ? Pourquoi voulez-vous m'enfermer dans un endroit particulier ?
Sang de votre sang et moelle de vos os, voilà ce que je suis. C'est la vérité, je ne dis jamais de mensonges.
Le lendemain soir, dans une salle bondée (il y avait essentiellement des femmes), Mâtâjî a dirigé le kirtan et a chanté Hé Bhagavan et Sita Ram, Prana Ram. Quelqu'un dit à nouveau :
Q : nous sommes venus vous voir chaque jour. Maintenant que vous partez, notre vie va nous sembler vide sans vous. Que faire ?
Mâ : Pourquoi dites-vous que je m'en vais ? Je suis votre petit enfant et je suis toujours avec vous. Souvenez-vous de cela : je suis toujours avec vous. Je ne vous demande pas de faire des rétentions de son élève, de vous asseoir le dos droit, de vous purifier. Tel que vous êtes, je suis avec vous. Un enfant est avec ses parents, quelle que soit leur caractéristiques.
Q : Nous vous considérons comme notre Mère, pas comme notre enfant.
Mâ : Mère, c'est aussi très bien.
Une mère quitte-t-elle ses enfants ? Non, jamais.
Question : Vous dites que tous les moments sont contenus dans cet Unique Instant Suprême. Je ne peux pas comprendre cela.
Réponse : A l'instant de sa naissance, l'expérience de la vie est conditionnée : mais l'Instant Suprême qui se révèle au cours de la sadhana conduit à l'achèvement de l'action, à l'épuisement de son karma.
L'absence de désir ne peut consommer que ce qui est combustible ; l'amour divin et la dévotion ne peuvent dissoudre que ce qui est soluble.
Mais le moment où il n'y a ni combustion ni dissolution - ce moment est éternel. Essayer de saisir ce moment est tout ce que vous avez à faire.
En réalité, c'est Cela - tout ce qui est perçu est Lui - comment pourrait-il être séparé de quoi que ce soit ? Il en est ainsi lorsque l'on est entré dans le courant, et alors le présent, le futur et le passé ne sont plus séparés. Derrière le voile se trouve la Réalité, mais devant vous se trouve le voile. Le voile n'existait pas auparavant, il n'existera pas non plus à l'avenir, et il n'existe donc pas vraiment maintenant. Dans un certain état, c'est ainsi.
Le moment dont vous faites l'expérience est déformé, alors que le moment suprême contient la stabilité, la non-stabilité, tout - et pourtant tout cela est là et en même temps n'est pas là. Et puis il y a un autre état dans lequel la question du moment suprême et du moment fragmentaire ne se posera pas.
