Pas de mise à jour notable sur le site pour ce mois de mars, mis à part l’apparition de "la lumière du printemps"… et le trimestriel “Jay Ma” qui en est à son numéro 160, disponible comme toujours sur le site officiel et sur Anandamayi.one.
Récemment, je me suis souvenu d’une brochure que j’avais trouvé, il y a longtemps, dans ma boîte aux lettres... quelqu'un l'avait déposé là. Je pensais qu'elle provenait d’une église chrétienne à proximité. Son contenu décrivait différents états de l’âme humaine ; du coeur qui cherche Dieu ou du coeur qui s’en éloigne, du coeur qui s’entête dans la faute et du coeur qui se repent et essaie de changer…

Cette brochure m’avait fortement impacté à l’époque (je devais avoir une petite vingtaine d’années), parce qu’elle était extrêmement limpide.
Il me semble que je n’avais même pas lu les explications : il suffisait de lire les titres et de contempler les images pour comprendre immédiatement de quoi il s’agissait.
Et le message “subliminal” était fort, on me demandait sans l’exprimer directement : “Où se situe ton coeur et comment comptes-tu remettre les choses en ordre dans ta vie ?”
Voici la structure générale de ce livret :
- Le cœur du pécheur
- L'éveil de la conscience
- La repentance
- Le cœur purifié par le sang de Jésus
- Le temple de Dieu
- Le chrétien face à la tentation
- Le cœur partagé (ou le recul)
- La plénitude du Saint-Esprit
- La mort du juste
- La mort du pécheur
Il est donc structuré en 10 sections, chacune accompagnée d'une illustration.
Les dix illustrations suivent toujours le même schéma : un cœur contenant des animaux ou des créatures, surmonté d'une tête.

Cette image monochrome était l'esthétique que j'avais sous les yeux lorsque j'ai découvert cette brochure. Bien que de nombreuses versions existent, la structure et le message restent identiques : Ces illustrations montrant un cœur humain habité par différents animaux (paon pour l'orgueil, serpent pour le mensonge, etc.) qui sont chassés à mesure que la personne se tourne vers Dieu.
Je me suis souvenu de ce livret parce qu'il mettait en image l'endurcissement du coeur, l'entêtement dans l'erreur, mais aussi la purification du coeur et le retour à la paix de l'âme.
Dès que nous ne sommes plus alignés, toutes sortes d'émotions perturbatrices peuvent ressurgir, l'ego peut refaire surface et prendre racine...
Mâ Ânandamayî disait qu'il faut constamment nettoyer le mental pour qu'il devienne comme un miroir, capable de refléter le Soi.
Lorsque le mental est envahi par les désirs mondains, ceux-ci ont pour nature même de le troubler. Détournez votre esprit des choses extérieures et tournez-le vers l'intérieur.
Pourquoi sommes-nous envahis à un moment donné ? Sinon que nous avons manqué de vigilance ? Mais que devenons-nous lorsque nous mettons beaucoup de temps avant de nous en rendre compte ? Puisque c'est seulement au réveil que quelqu'un dit : "oh ! Je me suis endormi ! Mais depuis combien de temps ?"
Avec le manque de vigilance vient le manque de discernement, et de là l'ignorance, l'oubli et l'endormissement. C'est seulement à ce moment-là que sont projetées les ombres sur les parois de la caverne.
Le coeur de Pierre
Dans la bible chrétienne, il y a un passage qui, il me semble, est un enseignement infini et éternel.
Jésus demande à Pierre s'il l'aime.
Il le lui demande trois fois : "M'aimes-tu ?" (Jean21:15-17)
Avant la Passion, Pierre était sûr de lui (« Même si tous succombent, moi non ! » Marc 14, 29). Sa trahison, lorsqu'il a renié Jésus trois fois avant le chant du coq, lui a permis de réaliser sa propre fragilité.
Quand Jésus l'interroge trois fois —"M'aimes-tu ?"—, après la résurrection, Pierre ne s'appuie plus sur sa propre force, mais sur l'omniscience du Christ : « Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t'aime. »
Pierre ne s'est pas enfermé dans les remords et la culpabilité, il s'est ouvert au Pardon, parce qu'il a cru et qu'il a aimé le Christ davantage que ses propres fautes.
La question du coeur est cruciale. C'est par le coeur que tout se joue ; si on aime le mondain plus que le spirituel, ou si on aime Dieu plus que notre propre vie... cela change une destinée.
Jésus ne bâtit pas son Église sur un Pierre héroïque et sans faille, mais sur un Pierre qui a connu sa propre misère et qui, par conséquent, sera capable de comprendre et de guider les autres âmes. C'est le fondement même : la Grâce et la Foi.
Je n'ai pas trouvé de meilleure référence à cela que ce livret... car il mettait en image ce qui est contenu dans l'enseignement du Christ. Je me suis donc dit que j'allais retrouver ce livret, qu'il devait sûrement encore exister quelque part.
Ce qui m'avait frappé aussi, lorsque je l'ai découvert, c'était une fascinante ressemblance avec quelque chose que je connaissais déjà... je voyais une correspondance avec le Bardo-Thödol et, plus généralement, avec les enseignements bouddhistes.
Si j'arrive au bout de mes efforts (et si vous me lisez jusqu'au bout), je tenterais de montrer que le monde chrétien a produit ce qui serait un équivalent du Bardo-Thodol, d'une certaine façon...
Le début de l'enquête
Avant d’en arriver là, à comparer l'approche chrétienne et l'approche bouddhiste, il faudrait que l’on fasse "une fouille archéologique" pour répondre à la question : d’où vient ce livret, qui l'a réalisé ? Et pourquoi ?
Je m'étais dit qu'une petite recherche suffirait et qu'ensuite je n'aurais qu'à résumer cela, ici, dans cette publication du mois de mars 2026.
Mais hélas... je n'ai pas fini de chercher... et de trouver...
Comment aurais-je pu imaginer ce que j'allais découvrir.
J'ai remonté de faisceaux d'indices en faisceaux d'indices, et cela m'a amené tellement loin dans le passé... Je ne saurais même pas par où commencer, à ce stade-ci de mes recherches.
Commençons ici et maintenant, alors : La version actuelle du livret intitulé "Le Coeur de l'Homme" est publié par l'ANGP (All Nations Gospel Publishers). Cette association a été fondée en Afrique du Sud en 1935 et son siège social se trouve en Suisse.

Je pourrais vous détailler comment l'ANGP a été fondé et pourquoi.
Sans entrer dans trop de détails, c'est spécifiquement pour diffuser "Le Coeur de l'Homme" que l'ANGP a vu le jour. C'est autour de ce texte que s'est construite l'association.
Durant la première guerre mondiale, un soldat suisse a trouvé Dieu dans sa cellule de mort et, une fois libéré, consacra sa vie à Dieu. Devenu pasteur, Joseph Reinhard Gschwend a été envoyé en Afrique du Sud en 1921 en tant que missionnaire de la Schweizerische Pfingstmission (Mission Pentecôtiste Suisse).
C'est en 1929 que J.R. Gschwend a révisé et réécrit ce texte classique pour l'adapter spécifiquement aux besoins de l'évangélisation en Afrique. Le livret était déjà présent, apporté probablement par les missionnaires allemands ou suisses, mais c'est Gschwend qui l'a simplifié (en rendant les explications plus accessibles) et largement diffusé. Ce livret était d'abord des feuillets pliés, imprimées de façon artisanales, en petit nombre, et diffusés sur place en Afrique du Sud.
La popularité grandissante de ce livret artisanal que J.R. Gschwend colportait là-bas, gratuitement, l'incita à chercher des moyens pour l'éditer à plus grande échelle.
C'est ainsi qu'il fonda l'ANGP en 1935. Il avait la vision d'évangéliser tout le continent africain ("all nations")... et il compris très tôt que le soucis n'était pas la distance mais la langue, y compris les dialectes. Gschwend a compris que dans de nombreuses cultures africaines de l'époque, l'enseignement par l'image (le "cœur" comme "miroir de l'âme") était bien plus efficace que de longs textes théologiques.
Avant de quitter ce monde en 1988 (en Afrique du Sud), son organisation imprimait déjà pour l'Inde, l'Asie, l'Amérique du Sud et l'Europe.

en plus de 500 langues et dialectes.
De nos jours, on peut dire qu'il s'agit d'un "best-seller" même si le terme est impropre puisque ce livret n'est pas vendu mais colporté et offert. Les volumes distribués sont très importants surtout en Inde (proportionnellement à la démographie) et en Amérique Latine où il y a un "réveil" spirituel. Des milliers de pasteurs et d'évangélistes indiens collaborent avec l'ANGP et commandent en masse ces brochures pour leurs missions de terrains.
Il n'est pas épais, les illustrations ne sont pas des oeuvres d'art, loin de là —ce n'est pas du tout le but— et pourtant son message continue de se répandre de façon extraordinaire... permettant de nombreuses conversions au christianisme... décennies après décennies... et c'est le moins qu'on puisse dire...
Car avec tout ceci, je n'ai encore rien dit.
Nous avons affaire à un phénomène... et je pèse mes mots.
Moi-même, qui suis en train de découvrir l'ampleur de la chose, je n'en reviens pas...
Lorsque vous lisez la préface du livret, —bien que cela dépende de la version que vous avez en main—, vous lirez normalement que ce livre n'est pas un original et que l'oeuvre s'inspire d'une ancienne version... datant de 1821...1813...
La chose reste floue... parfois vous avez le nom de l'auteur : Johannes Gossner, théologien et pasteur allemand.
Gossner a effectivement publié en 1812, une version allemande retravaillée du texte (avec les 10 illustrations emblématiques)... mais ce n'est pas l'auteur.
Donc nous remontons encore un peu : nous prenons la préface de la version de Johannes Gossner dans laquelle il mentionne, quant à lui, qu'il s'est basé sur une ancienne version de 1732... ou 1733... intitulée "Geistlicher Seelen-Spiegel" (« Miroir spirituel de l'âme »)

Dans cette édition publiée à Würzburg chez Philipp Wilhelm Fuckert, il n'y a pas 10 tableaux, mais bien 12 (gravures de Johann Salver).
Et vous savez quoi ? Effectivement, cette édition de 1733 n'est toujours pas l'originale, c'est une traduction allemande d'une version française... La préface de l'ouvrage "Geistlicher Seelen-Spiegel" fait référence à un modèle français, qui "ne peut toutefois plus être identifié."
Cependant, les travaux ultérieurs d'Anne Sauvy (dans "Le Miroir du cœur", 1989) ont établi que cette source est très probablement "Miroir de l'âme" qui contient les "Images morales" créées par le Père Vincent Huby en Bretagne, entre 1675 et 1682... chez le graveur Pierre Gallays pour les premières estampes grand format (en 1682) et plus tard chez François-Gérard Jollain.(série destinée aux femmes, en 1697)
On mentionne également un ouvrage publié en 1675 intitulé « Les images morales et leur explication » de Huby, qui pourrait bien être aussi la source qui a inspiré la traduction allemande de 1733 "Geistlicher Seelen-Spiegel".
Les douze illustrations étaient des estampes et par la suite, compilées sous forme de recueils de douze "image morales" avec leurs explications, des livrets de colportage illustrés.
Je ne vais pas tout vous détailler ici (ce serait trop long), je donne juste un aperçu.
J'ai du pas mal chercher, juste pour retrouver la chronologie des faits... recouper les sources pour être sûr de ne pas me tromper.
Mais on se retrouve bel et bien en France... avant l'an 1700...
Baroque sacré &
Esthétique de la persuasion
Nous sommes à une époque où le protestantisme s'est si bien implanté que le monde catholique tente de se relever et de reconquérir les coeurs. C'est l'époque de ce que l'on appelle "la Contre-Réforme" *.
La Contre-Réforme (ou Réforme catholique) est la réaction de l'Église catholique face à la montée du protestantisme au XVIe siècle. Initiée par le concile de Trente (1545-1563), elle vise à réaffirmer les dogmes catholiques, réformer l'institution de l'intérieur, arrêter la propagation du protestantisme et reconquérir des âmes, notamment via les Jésuites et l'art baroque.
C'est l'époque où les jésuites sont très actifs et développent une énergie incroyable pour propager le message du Christ et ramener les hommes au catholicisme.
Pour bien discerner l'esprit de l'époque (dans ce contexte), il faudrait s'attarder évidemment sur Saint Ignacio de Loyola (fondateur de l'ordre des Jésuites) et sur une figure incontournable que celle du mystique François de Sales.
Mais il faudrait aussi mentionner la place qu'occupe l'image dans la littérature de l'époque et dans la sphère religieuse. Comment l'image s'était-elle développée pour permettre aux personnes non-instruites, aux illettrés, de recevoir des enseignements ?
Peu de personne lisait à l'époque. On dit même que les vitraux des églises étaient en fait "la bible des pauvres"... une manière de transmettre un message visuellement.
D'autre part, depuis le XVe ou XVIe siècle jusqu'au XVIIIe s'était propagé avec une popularité remarquable ce qu'on appelle le "livre d'emblèmes".
On pourrait dire que ce sont des "livres illustrés", en tout cas ils sont profanes ou religieux.
Ils se caractérisent par une composition toujours tripartite : 1) un titre ; 2) une image énigmatique (emblème, icône, symbole, allégorie) ; 3) un court poème qui complète et fait vivre l'image, qui la décrypte.

Lyon, Guillaume Rouillé 1564
Les livres d'emblèmes se sont fortement diffusés d'abord en Italie, puis au Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique et en France. On parle ici d'un succès retentissant.
Que ce soit pour la bourgeoisie ou pour les jésuites, l'emblème est devenu incontournable.
Le livre d'emblèmes associait le plaisir des yeux, la gymnastique de l'esprit et l'instruction morale.
Les jésuites ont massivement utilisé l'emblème comme outil pédagogique. Pour eux, l'image frappe l'imagination et aide à mémoriser les leçons morales ou religieuses plus efficacement qu'un long discours abstrait.
Ils ont transformé ce genre littéraire, au départ humaniste et profane, en un outil puissant de dévotion et d'éducation. La Compagnie de Jésus a publié des centaines de recueils, surpassant toute autre institution à l'époque.
Dans leurs collèges, ils éduquaient les élèves à produire des emblèmes sur des thèmes imposés.
On pourrait dire qu'il y avait une sorte de "multimédia de la Renaissance"... Un moyen de communication qui associe le symbole et le poétique, l'énigmatique et la morale, sur une base nouvelle, une forme canonique née en Italie ; inscriptio, pictura, subscriptio (le titre, l'image et le texte sous l'image).
Ce n'est pas rien de le dire. Si vous observez bien, c'est à peu près la structure de ce que l'on appelle aujourd'hui un "teaser" ou "Hero Section" en terme de design de page web.
C'est le premier bloc visuel situé en haut d'une page web, conçu pour captiver l'attention et inciter à une action immédiate. Il s'agit d'une "hiérarchie visuelle", une organisation de l'information pour une facilité de lecture, une immersion dans le narratif véhiculé et un appel à l'action ("cliquez ici").

Avec ces quelques éléments, on voit déjà se dessiner une trame.
Les religieux utilisaient les images pour édifier le peuple non instruit.
Le support visuel était l'objet d'une réflexion intense de la part des jésuites car l'enjeu était de taille : ramener les âmes à l'Eglise catholique, celle du Concile de Trente.
Il y a encore beaucoup de choses à débroussailler : pourquoi la France, qui est François de Sales et quel est son rôle dans tout ceci, sans parler d'Ignace de Loyola ?
Comment le petit livre "Le coeur de l'homme" a-t-il pu traverser le temps et continuer à avoir du succès jusqu'à aujourd'hui ?
Pour résumer :
Nous partons de la "Contre-Réforme" (ou Réforme catholique), période où l'emblème devient porteur du message et est utilisé par les jésuites pour conquérir le peuple et le ramener à l'Eglise Catholique. A cette époque, vers 1680 en Bretagne, le père jésuite Vincent Huby crée 12 tableaux, 12 images morales qui seront diffusées par la suite sous forme d'estampes, dans des reliés sous forme de "petit livre de dévotion" (livret de retraite) ou "livret de colportage".

édité par François-Gérard Jallain
L'image ci-dessus fait partie de la série de "tableaux de mission" de Vincent Huby, série destinée aux femmes lors des retraites. Cette version particulière est remarquable par son texte bilingue en français et en arménien.
Inspiré de ces "images morales" bretonnes, une version allemande gravée par Johann Salver est publiée en 1733 et arrivera, moins de cent ans après, entre les mains d'un pasteur, près de Augsburg en Allemagne, Johannes Gossner.
Il sera séduit et décidera d'adapter les illustrations et le texte. Au niveau des textes explicatifs, les aspects explicitement catholiques seront ajustés pour s'harmoniser avec une approche plus intimiste et personnelle qui était très populaire dans le piétisme allemand.
Gossner n'a pas repris les douze images de Salver dans leur intégralité. Il a choisi d'utiliser dix de ces illustrations. D'après les sources, on peut déduire que le collaborateur de Johannes Gossner, Philipp Friedrich Pöschel, se chargera d'adapter les "emblèmes" pour les protestants ; Il simplifiera le trait et adaptera le style esthétique pour le rendre plus "lisible" et moins "chargé" que le baroque du XVIIIe siècle.
Gossner publiera sa version "Das Herz des Menschen, ein Tempel Gottes oder eine Werkstätte des Satans" en 1812. Le succès sera immédiat et il y aura une traduction anglaise en 1821 sous l'intitulé "The heart of man : either a temple of God, or a habitation of Satan".

Johannes Gossner, 1812

Lorsque Joseph Reinhard Gschwend arrive en Afrique du Sud, c'est la version allemande de Gossner qu'il découvre et qu'il cherche à diffuser.
En 1929, il adaptera le texte pour son époque. Il simplifiera le langage théologique de Gossner et surtout commandera de nouvelles illustrations pour remplacer les gravures européennes du XVIIIe et XIXe siècles.
Progressivement, il le traduira dans de nombreux dialectes, d'abord africains.
Et de 1935 à nos jours, c'est cette version-là qui circule, éditée comme nous l'avons vu par la All Gospel Nations Publishers, dans plus de 500 langues et dialectes, partout dans le monde.
Pour dire vrai, j'ai poussé l'enquête encore plus loin en comprenant que la France était impliquée dans cette histoire. J'aurais pu m'arrêter, mais... mais non... Je voulais comprendre ce qu'il s'est passé en France durant la Contre-Réforme et peut-être même avant...
Je ne pourrais pas tout relater ici.
Mais en cherchant les origines, j'ai découvert la "Voie du Coeur", c'est-à-dire la dévotion au Coeur Sacré de Jésus... La représentation du coeur, comme l'habitation de Christ chez le croyant, en est une expression. Le livret dont je parle ici serait donc lié à un culte du Divin Coeur... Effectivement, mes recherches m'ont amené jusqu'à Marguerite-Marie (Paray-le-Monial)... Je n'en revenais pas... Comment ce petit livre pourrait me ramener aux Visitations ?!

Mes recherches m'ont emmené en Bretagne, à Quimper et à Vannes où une effervescence assez extraordinaire s'est produite... quelque chose de remarquable, et qui a rayonné dans toute l'Europe...
En remontant encore, il a fallu que je m'arrête aux Pays-bas vers le milieu de l'an 1300... La guerre de cent ans est amorcée et la peste noire arrive bientôt... L'Europe ravagée mettra à peu près 150 ans à s'en remettre.
Je ne suis pas remonté plus loin dans le temps.
D'après ce que j'ai trouvé, ce petit livre aurait donc une filiation de sept siècles...
Il y aurait alors beaucoup à en dire... Parce que généralement, une temporalité de sept siècles concerne surtout les oeuvres majeures comme les traités techniques et philosophiques, les récits fondateurs et les textes sacrés ou liturgiques.
Je ne sais pas encore quelle est la teneur de ce travail que je fournis, mais je me demande pourquoi n'ai-je pas trouvé d'analyse recoupant toutes ces informations ?
Certains chercheurs ont fait un bout de chemin pour relier les points et retracer une chronologie et une cartographie de l'itinéraire de ce livre, de l'évolution des illustrations qu'il contient. Et je pense en particulier à Anne Sauvy.
Ceci dit, je n'ai pas trouvé de recherche complète, creusant en profondeur et surtout connectant entre eux les siècles d'édition et de diffusion du livret... et surtout, donnant à voir "la chaîne des savoirs", c'est-à-dire l'histoire des idées et des concepts, la filiation d'une pensée qui traverse le temps.
Dans une prochaine publication, je tenterai de creuser davantage les éléments qui sont à notre disposition... et d'être le plus clair (et concis) possible.