Depuis plusieurs semaines, un "faux" circule sur la prétendue rencontre entre Mâ Ânandamayî et Neils Bohr. C'est étrange que cela circule, je trouve, mais ça témoigne d'une certaine curiosité pour le lien qu'il pourrait y avoir entre "science" (à l'occidental) et "tradition spirituelle"...
"Le journal intime du physicien théoricien danois Niels Bohr, examiné après sa mort, contient cette note sur sa rencontre avec Anandamayi Ma :

« J'ai rencontré aujourd'hui une femme sainte indienne.
Elle m'a demandé d'expliquer la superposition quantique.
Je lui ai parlé de l'effet d'observation, de la dualité onde-particule et du problème de la mesure. Quand j'ai eu fini, elle a souri et m'a dit : « Ainsi, votre science a enfin découvert ce que nous savons depuis 5 000 ans. La conscience transforme la possibilité en réalité. L'observateur crée l'observé. Vous êtes l'univers qui s'observe lui-même. »
Puis elle a ri. Je suis resté sans voix. Comment une femme de village sans instruction a-t-elle pu exprimer en 30 secondes ce qui m'a pris 30 ans à comprendre ? »
Je ne vais pas analyser les mots utilisés, ni le pourquoi ou le comment de tout ceci...
Si cela peut alimenter une réflexion construite sur le sens de la réalité et le moyen d'y parvenir, ce serait une bonne chose.
Il y a des liens entre la science contemporaine et les traditions spirituelles indiennes.
On sait que quelques grandes figures se sont penchées sur les textes védiques, les upanishads, les enseignements bouddhistes, etc., dont notamment Shopenhauer, Schrödinger, Heisenberg, Bohr, Bohm, Nietzsche, C.G.Jung.
Bref, les connexions sont nombreuses, et c’est bien normal. Le Dalai Lama avait dit il y a longtemps que lorsque la science arrivera à infirmer ce qu’enseigne le Dharma tibétain, il cesserait lui-même d’être bouddhiste.
C’est dire à quel point il est quasi mathématique que la science de la matière doive nécessairement converger avec la science de l’esprit… il y a un socle commun ou, pourrait-on dire, elles sont des aspects de la même réalité.
Je ne pourrais pas aller plus avant dans les détails, et en fait je n’y vois pas grand intérêt.
Les théoriciens de la physique quantique ont leur propre parcours… ils avancent difficilement car leur “monture” est probablement trop limitée. Comment aborder la superposition et l’ubiquité avec un stylo-bille à quatre couleurs et une règle de 30 centimètres ?
Même si vous vous aidez d’ordinateur quantique, cela semble très archaïque aux vues de la Réalité telle qu’elle est.
Le thème de "la Tour de Babel" est toujours de mise : les hommes veulent construire une tour avec l’intelligence technique de la construction, la logistique des techno-sciences, et atteindre Dieu juste par orgueil, par défiance... "parce que nous sommes en mesure de le faire"...
Alors qu’un coeur sincère
peut atteindre le coeur de Dieu,
juste par la confiance et par l’humilité.
On pense que la connaissance technique, la techno-science, nous amènera vers “le futur”…
Alors qu’à bien y regarder, la Connaissance provient du passé…
Mère a dit que le plus grand devoir de l’homme est de se souvenir de Dieu.
Nous avons eu, et nous devons retrouver ce qui fut.
Les "anciennes civilisations" —en fait, plus jeunes que les contemporaines—, avaient un souvenir “plus frais”… leurs connaissances étaient donc beaucoup plus étendues car plus proches de l'Origine.
Si nous parvenons à trouver des nouvelles pièces du puzzle, c’est parce qu’il y a eu une image primordiale à l’origine… les conditions d’emboitement des pièces sont étroitement liées à cette Image. Nous ne pouvons nous souvenir que si nous redevenons une image de l’Image, que nous soyons à l’image de Dieu... un miroir propre et aplanit qui reflète sans déformer...
Voilà pourquoi Mère aurait pu dire en riant : vous découvrez ce que nous savons depuis 5000 ans… Elle aurait pu rajouter : si vous voulez réellement avancer, abandonnez votre identification à celui qui pense. Redevenez un enfant.
A l’échelle individuelle, le même mystère a lieu : j’étais plus proche de la connaissance lorsque j’étais enfant, je me sentais intimement relié au Réel… mon souvenir était encore frais…
Plus les individus avancent en âge, et moins ils se souviennent de leur enfance. S’ils ont fait un trait sur leur passé, s'ils ont tourné le dos à l'enfant qu'ils étaient, ils engendreront ce qui n'est pas réel, ce qui est déconnecté du souvenir de Dieu.
Alors que, mathématiquement, les sociétés devraient placés la protection de l’enfance au coeur même de leurs structures institutionnelles. Si vous ne recueillez pas les graines des meilleurs fruits, vous n’allez semer aucune culture pour la saison prochaine… et vous mourrez de faim.
J’ai toujours en tête cette citation d’un grand enseignant :
"Nous devons nous inspirer des enfants.
Ils sont notre force pour continuer à combattre et avancer.
Nous adultes, sommes confrontés à des problèmes politiques, des questions sans réponses. C’est en nous tournant vers les enfants qu’on s’aperçoit qu’ils sont justes, parce qu’ils sont neufs.
Les problèmes que nous avons rencontrés depuis l’enfance, nous devons nous en dégager en nous tournant vers les enfants.
Laissons nos problèmes (...) et cherchons des solutions au niveau de l’enfance.
C’est en débattant des questions éducatives que nous trouverons des solutions politiques."
Jean-François Mercurio, directeur du Service d'Éducation Bilingue de Poitiers et professeur en langue des signes (1956-1990)
Pour construire un futur réel, il faut se souvenir de ce que fut la réalité…
Le plus grand devoir de l’homme, ce n’est pas de mesurer l’incommensurable, c’est de se souvenir de Dieu.
Un physicien quantique n’a pour d’autres horizons, s’il est honnête avec lui-même, que de devenir un homme spirituel, un religieux, un mystique ou un philosophe… ou même un artiste ou un poète (au sens de Robert Graves ; un serviteur dévoué de la Déesse Mère).
La théorie quantique les pousse dans ce sens, d’ailleurs. Et c’est inévitable… pour trouver ce qu’ils cherchent, ils doivent arrêter de chercher de la façon dont il le cherche.
La réalité est une et complexe,
et on ne peut l’aborder “à notre guise”,
puisque les pièces du puzzle nous indiquent
l’antériorité d’une image primordiale…
Sans devenir le miroir de l'Image,
l'Image reste et restera incomplète.