Satsang avec Mâ
Il est indispensable de garder votre esprit dans un environnement clair et pur et d’avoir des discussions sur Dieu et la spiritualité. Gardez toujours ceci prêt à l’esprit.
Q : Mère, vous avez certainement un peu plus d'affection pour celles et ceux qui sont toujours près de vous et prennent un si grand soin de votre vie ?
Mâ : Non.
"Bien que la vie de Mâ Anandamayî soit remplie d'événements surnaturels et miraculeux, elle n'est pas celle d'un personnage légendaire d'une époque révolue, embellie de contes folkloriques fantaisistes transmis de génération en génération.
(...) Que tous ceux qui ont eu la grâce de rencontrer Mâ continuent de faire tout leur possible pour garder sa mémoire vivante et ses enseignements pertinents pour les générations futures, afin que cette entité unique qui est venue parmi nous puisse continuer à influencer et à élever l'humanité."
Question : Quelle est la signification du mot : "samsara" et qui est le maître de ce samsara ?
Mâ : Il n'y a qu'un seul Brahman, qu'une seule Réalité Absolue, rien d'autre n'existe.
S'il vous plaît, montrez-moi quelque chose de différent de Brahman et où cela se trouve.
Swâmi Prakashânanda : Le Dieu unique est le maître du samsara.
Et ce Dieu est à la fois le maître de celui qui accepte Son existence et Sa maîtrise sur l'univers, et de celui qui fait profession d'athéisme.
Qu'on ait foi ou non dans l'existence de Dieu, Dieu est.
C'est pourquoi le disciple doit ressentir qu'il appartient tout entier à Dieu.
C'est avec cette foi qu'il doit pratiquer la sadhana (ascèse). Alors, et alors seulement, elle peut être couronnée de succès.
Mâ : Baba, est-il possible de décrire la Nature de Dieu ?
Swâmi Prakashânanda : Non, non, la Nature de Dieu est au-delà de la parole et du mental.
Mâ : Oui, telle est la Nature de Dieu...
Une femme : Il y a une telle foule !
Vous n'avez aucun moment de répit ; et vous ne semblez jamais fatiguée ; vous n'êtes jamais irritée mais toujours si joyeuse !
Mâ : Mère, dans votre propre maison, vous êtes nombreux. Est-ce que vous ne conversez pas avec chacun(e) ?
Vous vous remuez beaucoup ; est-ce que vous vous sentez fatiguée ?
Question : En parlant des visions que l'on a pendant la méditation, vous avez dit que ce ne sont pas des visions de la réalité, mais un simple " toucher ".
Réponse : Oui, vu du niveau où se produisent les aperçus, on peut le dire ; en d'autres termes, il n'y a pas de transformation malgré l'expérience, mais elle vous attire et vous pouvez même exprimer vos sentiments à son sujet par des mots ; c'est-à-dire que vous vous en délectez. Il s'agit donc d'un simple "toucher". Si c'était un état d'Être, vous ne pourriez pas en profiter de cette façon.
Dans l'état d'Être pur, il ne peut y avoir de délectation.
Au cours d’un satsang, Nirod Babu pose une question à Mâ.
Nirod Babu : Mâ, pouvez-vous me dire ce qu’est la Grâce ?
Mâ : La Grâce est la récompense obtenue pour des actes exceptionnels qui ont eu lieu dans une vie précédente. Les bonnes actions que vous avez accomplies dans une vie antérieure vous reviennent sous forme de Grâce.
Nirod Babu : Une récompense pour mes actions ? J’y ai donc droit ! Ce sont mes gages en quelque sorte ?
Mâ : Vous y avez droit, sans aucun doute. Mais vous n’en êtes pas conscient alors vous considérez cela comme la Grâce.
En outre, au cours de la sâdhanâ, le chercheur parvient à un certain stade à partir du moment où tout lui apparaît comme étant la Grâce. Comme si tout ce qui advient sur cette terre était dû à la Grâce du Divin. Cela est alors totalement libéré de la relation sadhya-sâdhanâ (« accomplissant » et objet de l’accomplissement). C’est le stade de la Grâce.
Le stade supérieur transcende la Grâce. Il ne reste plus qu’une seule Existence. Qui manifestera la Grâce et à qui ?
Q : Mâ, vous venez de vous référer à vos visions du passé et du futur. Comment les avez-vous ?
Les voyez-vous avec vos deux yeux physiques ou (en indiquant l’espace entre les deux yeux) avec le troisième œil qui est ici ?
Mâ : Comment est-ce que je les vois ? Pourquoi pas ?
Les yeux sont sur tout le corps. Ne savez-vous pas que tout est dans tout ?
Les mains, les pieds, les cheveux, en fait chaque partie du corps peut devenir un instrument de la vision.
Bien sûr, il est tout à fait possible de voir à travers les deux yeux que tout le monde possède ; et l’existence d’un troisième œil est également vraie. Cela peut vous sembler étrange, mais est cependant exact.
Une fois, ce corps a vécu seulement de trois grains de riz quotidien pendant quatre ou cinq mois. Qui donc peut vivre si longtemps avec un régime si réduit ? Cela semble un miracle, mais il en a été ainsi avec ce corps. Il en a été ainsi, parce qu’il peut en être ainsi. La raison, c’est que ce que nous mangeons ne nous est pas du tout nécessaire.
Le corps prend simplement la quintessence de la nourriture, le reste est évacué. En conséquence de la sâdhanâ, le corps se met à être constitué de telle sorte que, bien qu’il ne prenne rien physiquement, il peut prendre de l’environnement ce qui lui est nécessaire pour sa subsistance.
On peut maintenir le corps de trois façons sans nourriture : nous venons d’expliquer la première, la seconde, c’est que nous pouvons vivre d’air seulement. Car je viens d’indiquer qu’il y a tout en tout ; ainsi les propriétés des autres choses sont dans l’air également. Par conséquent, en n’inspirant que de l’air, on absorbe aussi l’essence des autres choses.
Troisièmement, il peut arriver que le corps ne prenne rien du tout, mais que pourtant il soit maintenu inchangé en état de samâdhi.
Vous trouverez donc qu’en état de sâdhanâ, il est tout à fait possible de vivre sans ce que nous appelons nourriture. De la même façon, la sâdhanâ peut effectuer de telles transformations dans le corps qu’en vertu de celles-ci, chacune de ses parties peut assumer la fonction des yeux.
Une dame fit remarquer :
Mâ, je vous ai entendue une fois chanter et pleurer.
Mâ : Il n’y a rien qui soit uniforme en ce corps. Svabhava, sa propre nature, suit son cours naturel.
Le chant et les pleurs que vous mentionnez sont possibles à un certain stade de la sâdhanâ.
Supposez que je m’assoie pour chanter. A cette époque mon idée était que c’était par la Grâce de Dieu que je prononçais Son Nom. Comme je continuais à répéter Son Nom, une autre idée m’a saisie et je pensais : « Hélas ! Je prie avec tant de ferveur et depuis si longtemps, et pourtant Dieu ne s’est pas révélé à moi ! »
Ce sens de frustration m’a créé une douleur dans le cœur, et tout d’un coup mon visage s’est mis à être baigné de larmes. Ce sont, bien sûr, des états d’ignorance, car avec l’aube de la Connaissance même les prières et la sâdhanâ cessent.
Quand les différents stades de la sâdhanâ se sont manifestés à ce corps, quelle variété d’expériences je n’ai pas eues !
Parfois j’entendais distinctement : « Répète ce mantra » !
Quand je l’obtenais, un questionnement s’élevait en moi : "S’agit-il du mantra de Ganesh, ou de Vishnou ?"
Ou quelque chose comme cela. De nouveau, une autre question se manifestait : « A quoi ressemble-t-il ? »
En un instant, une forme se révélait.
Chaque question trouvait sa réponse immédiate et il y avait une résolution immédiate de tous les doutes et méfiances.
Q : Pourquoi devons-nous fixer notre attention tout au long du chemin ?
Mâ : L'attention aigüe est Lui et aussi le "pourquoi".
