Pratiques spirituelles
Question : Qui a la capacité de conférer le pouvoir et qui le reçoit ?
Réponse : Celui qui peut libérer quelqu'un du cycle incessant de la naissance et de la mort est en effet un gourou ; c'est lui qui détient l'autorité pour conférer le pouvoir. De même qu'un enfant ne peut engendrer avant de devenir un jeune homme, il y a un stade où l'on devient un réceptacle et où, au bon moment, le Guru lui transmet le pouvoir.
Question : Le pouvoir peut-il être conféré quelle que soit la nature du réceptacle ?
Réponse : Il peut modeler le réceptacle.
Question : Ainsi, si le réceptacle n'est pas prêt, le Guru refuse-t-il le pouvoir.
Réponse : Non, quand une inondation arrive, elle emporte tout le monde avec elle.
Question : Quel est le moyen d'entrer dans la marée ?
Réponse : Poser cette question avec un empressement désespéré.
Question : Comment susciter une telle ardeur ?
Réponse : En gardant le satsang pendant une longue période. Là où est détruit ce qui est voué à la destruction, là se révèle le Bien-aimé. Pour ceux qui ont reçu l'initiation, il convient de consacrer un tel temps à la répétition de leur mantra et à la méditation - ce n'est qu'alors que l'éveil aura lieu.
Q : Le Ramayana nous dit que prononcer le nom Rama une seule fois, suffit à nous purifier de tous nos péchés.
Et nous, nous sommes tout le temps à chanter à tue-tête et à profusion le nom de Rama dans nos kirtana (chant religieux)... Et rien ne suit. Nous sommes toujours aussi embourbés !
Mâ : C'est parce que vous chantez à tue-tête !
Q : Je ne comprends pas très bien...
Mâ : Engagez-vous dans ces kirtana si fréquents, avec l'espoir que la fois unique, la bonne, surviendra.
Question : Nous méditons tous sur vous Mataji ; et Vous, sur qui méditez-vous ? (rires de l'assemblée)
Mâ : Juste à présent, sur quoi méditez-vous ?
Présentement, vous regardez et parlez ; et quand vous voulez méditer, vous restez silencieux en faisant le calme.
Dans ces deux cas, sur quoi méditez-vous ?
Parler, ne pas parler, regarder, ne pas regarder, dans toutes ces situations, il n'y a qu'une Vérité.
Question : En d’autres termes, voulez-vous dire qu’en toute circonstance vous méditez sur Dieu ?
Mâ : Quoi que ce soit qui apparaisse, n'est-ce pas le Soi ?
Dans cet état, le méditant, la méditation et la chose méditée, ces trois termes ne font qu'un.
Débrouillez-vous pour comprendre ce sur quoi je médite !
Vous pouvez comprendre que je médite sur vous car je suis ici et vous êtes face à moi, n'est-ce-pas ?
Mais la vérité, c'est que ce que je suis, vous l’êtes aussi !
Ce que vous êtes, c'est cela que je suis.
Le Soi lui-même est l'Absolu et l'Absolu est l'Unique Réalité.
Alors comment peut-on méditer et sur quoi ?
Quand on est devenu Un avec le Soi, qui peut donc méditer sur le Soi ?
Q : On s'applique à toutes sortes d'efforts spirituels et on n'arrive à rien !
Les améliorations dans notre vie ne dépendent-elles pas tout simplement du Bon vouloir de Dieu, de Sa Grâce ?
Comment attirer cette Grâce ?
Mâ : La Grâce tombe sans cesse en pluie torrentielle !
Tendez votre coupe, et si possible, dans le bon sens !
Alors, elle se remplira. C'est un aspect de la question.
Pour celles et ceux qui se tournent vers Sa Grâce, la Grâce de Dieu s'épanche.
Vous dites que les efforts inutiles pour mieux voir la Réalité ; en fait, le Seigneur vous fait face.
Vous n'avez qu'à regarder dans sa direction, et de là où vous vous trouvez, simplement le rejoindre.
En réalité, le Suprême (svayam bhagavan) est toujours présent.
Vous pensez vous rapprocher, vous éloigner, alors qu'il n'y a ni plus près ni plus loin !
Vous êtes dans le brouillard et vous ne voyez rien, mais Dieu est là, toujours en face.
Il ne vous laisse entre vous et Lui qu'une toute petite distance à parcourir. C'est pas-là, sont votre effort spirituel (kriya).
Il est présent ici et partout ; en un sens, Il peut se révéler indépendamment de vos efforts. Si vous vous êtes engagés dans des exercices spirituels, c'est que pendant des vies vous n'avez voulu satisfaire que vos envies.
Si après avoir gaspillé tant de vies, vous avez l'intelligence, la bonne idée de décider :
"Maintenant ça suffit ! Je ne veux plus tourner en rond de naissance en naissance !"...
(...) alors vous vous engagez sérieusement dans une réelle ascèse. Sinon vous vous réabonnez à de nouvelles souffrances, vie après vie, ballottés par vos appétits, vos passions.
Il n'y a que Dieu ; rien d'autre.
Ne pas s'en apercevoir est dû à votre brouillard mental.
Engagez-vous dans une discipline (kriya) qui vous convienne, qui soit dans votre style d'approche.
Qui se dérobe devant mes tentatives ?
Qui suis-je, moi qui tente de réaliser Dieu ?
Tant que vous restez dans le flou, tant que les noeuds qui constituent votre ego ne sont pas défaits, il est naturel que vous posiez des questions !
Q : En se prosternant devant Dieu, quelle sorte de prière faudrait-il faire ?
Mâ : Dans l'idéal, il ne faudrait pas faire de requête, et pourtant, on peut obtenir le fruit de ses requêtes.
Il est tellement miséricordieux qu'Il donne tout ce qu'on lui demande. Il se donne aussi Lui-même. Quand on demande des objets du monde, c'est-à-dire un objet dont on manque, Il apparaît sous forme de manque. Par ailleurs, en ne demandant rien, on peut aussi obtenir Son être entier.
Il n'y a pas de cause à cela, à ce niveau tout est Lui.
Dr Pannalal : S'il en était ainsi, il n'y a pas besoin de prier.
Mâ : Tu peux exprimer la prière, "que ta volonté soit faite", mais cela reste une requête.
Si tu dis : "ô Dieu, je ne te demande rien" cela aussi est une requête.
La vérité est que, selon l'état dans lequel se trouve les gens, leurs prières se concrétisent.
Quand le jeu de la sâdhanâ s'est déroulé dans ce corps, c'est ce qui est apparu comme évident.
À cette période, Bholanâth s'approchait de ce corps et lui disait avec insistance de faire ceci ou cela. À ce moment-là, c'était une période de pratique intensive et je n'avais aucune envie d'écouter ce que disait Bholanâth, est-ce qu'on doit faire ce genre de demande à Bhagavân [alors qu'il n'a pas envie de les entendre] ?
Rien qu’en entendant ces demandes, un courant électrique venu du ciel traversait ce corps et il demeurait comme frappé par la foudre. Ainsi, les propos de Bholanâth furent enterrés, et il n'y eut plus de demandes qui sortaient de sa bouche.
Je pourrais comparer cela à une tempête qui assaille un voyageur en chemin, à ce moment-là on se met à effectuer différents types de prière, mais il y a aussi un niveau supérieur où l'esprit se trouve soudain dans un état où il n'y a pas la moindre trace de demande.
C'est donc pour cela qu'on peut dire que les prières des gens remontent spontanément d’après leur état particulier.