Sadhana
... Mâ a dit un jour :
"De même qu'une graine a besoin de l'obscurité dans le sol pour pouvoir germer et donner une plante, de même, dans le cours de la sâdhanâ, les pratiques effectuées entraînent des transformations d'une façon indirecte."
Question : Un homme qui est maître de maison (grihastha) peut-il atteindre la libération en chantant le nom de Dieu (Ishwara) ?
Mâ : Dieu est dans tous les hommes.
Donc, les maîtres de maison peuvent l'atteindre aussi bien que ceux qui ne le sont pas.
Swâmi Prakashânanda : C'est très difficile quand même pour un chef de famille (par rapport à la situation d’un moine, plus favorable à la réalisation spirituelle).
Mâ : Baba, si vos parents n'avaient pas assumé la charge d'une famille, vous ne seriez pas né !
Les rishis (voyants védiques) avaient femmes et enfants, n'est-ce pas ?
Le Seigneur est partout, en tous.
Du point de vue de Dieu, il n'y a pas de différence entre ceux qui sont chargés de famille et les autres ; et "ashrama" ne signifie pas seulement les quatre stades de la vie. Cela veut dire aussi non-fatigue (a-shrama).
Quand un maître de maison fait son devoir et s'abandonne au Seigneur à travers la pratique du chant de son nom, où est pour lui la fatigue ? ...
Dieu est Un en tous.
Dans la vie quotidienne, il semble qu'il y ait plusieurs membres au sein d'une famille. Mais en fait, toute la famille est une.
De même, aux yeux de Dieu, tous appartiennent à sa famille s'ils chantent son Nom.
Dieu est omniprésent. Il n'y a rien d'autre que Dieu. La lumière de Dieu était là dans le passé, est là dans le présent et continuera à être dans le futur.
Il n'y a rien d'autre que le Suprême Soi (Paramâtma).
Pour obtenir la Libération, c'est là l'initiation de base et chacun d'entre vous devrait essayer de s'en imprégner.
Swâmi Prakashânanda : Les ascèses (sadhana) traditionnelles vous amèneront à le comprendre .
Mâ : C'est exact, Baba.
Question : Certains disent : "Il faut servir les pauvres et les nécessiteux avec dévotion pour obtenir la libération."
Voilà ce que j'ai entendu de mes aînés. Mais, j'ai aussi entendu des mahâtma dire qu'il fallait pratiquer une ascèse (sadhana) pour obtenir la Libération.
De ces deux chemins, quel est le meilleur ? Quel est celui que vous me recommandez ?
Mâ : Quel est celui que vous préférez ?
C'est votre inclination qui devrait déterminer votre choix.
Mais, puisque vous me posez la question, suivez donc les deux méthodes !
Autre interlocuteur : En supposant que quelqu'un ne soit en mesure de suivre aucune de ces deux méthodes, laquelle conseilleriez-vous en troisième lieu ?
Mâ : Puisque la première personne qui m'a posé cette question a parlé de ces deux voies, cela signifie qu'elle peut au moins suivre l'une d'elles.
Ceci dit, à propos de la première voie, rappelez-vous que, jusqu'à ce qu'on ait réalisé le Soi, on est toujours pauvre et nécessiteux...
Question : Quelle est la signification du mot : "samsara" et qui est le maître de ce samsara ?
Mâ : Il n'y a qu'un seul Brahman, qu'une seule Réalité Absolue, rien d'autre n'existe.
S'il vous plaît, montrez-moi quelque chose de différent de Brahman et où cela se trouve.
Swâmi Prakashânanda : Le Dieu unique est le maître du samsara.
Et ce Dieu est à la fois le maître de celui qui accepte Son existence et Sa maîtrise sur l'univers, et de celui qui fait profession d'athéisme.
Qu'on ait foi ou non dans l'existence de Dieu, Dieu est.
C'est pourquoi le disciple doit ressentir qu'il appartient tout entier à Dieu.
C'est avec cette foi qu'il doit pratiquer la sadhana (ascèse). Alors, et alors seulement, elle peut être couronnée de succès.
Mâ : Baba, est-il possible de décrire la Nature de Dieu ?
Swâmi Prakashânanda : Non, non, la Nature de Dieu est au-delà de la parole et du mental.
Mâ : Oui, telle est la Nature de Dieu...
Netaji : Vous dites que la véritable Nature est la même pour tous, mais la Gîtâ ne dit-elle pas : shreyân sva-dharmah vigunah/ para-dharmât svanushthitât/ sva-dharme nidha-nam shreyah/ para-dharma bhayâvahah ("Il est préférable de suivre sa propre loi, même médiocre, que celle d'autrui même parfaite. Il est mieux de périr en agissant selon son dharma ; suivre celui d'autrui est dangereux.") [Chant III, verset 35] ?
Mâ : En vérité, qu'est le svadharma ?
Le dharma de votre véritable Nature (svabhâva) est votre svadharma.
La sâdhanâ s'accomplit afin de remplir son propre svadharma (le devoir, le dharma propre à l'individu).
L'effort pour obtenir votre "véritable richesse", svadhâna, est appelé sâdhanâ.
Les mots de la Gîtâ sont très justes, bien entendu.
Réaliser le dharma de son propre svabhâva, de sa propre nature, est le devoir de tout être humain.
(Satsang rapporté de In association with Sri Ma Anandamayi)