Karma
Au cours d’un satsang, Nirod Babu pose une question à Mâ.
Nirod Babu : Mâ, pouvez-vous me dire ce qu’est la Grâce ?
Mâ : La Grâce est la récompense obtenue pour des actes exceptionnels qui ont eu lieu dans une vie précédente. Les bonnes actions que vous avez accomplies dans une vie antérieure vous reviennent sous forme de Grâce.
Nirod Babu : Une récompense pour mes actions ? J’y ai donc droit ! Ce sont mes gages en quelque sorte ?
Mâ : Vous y avez droit, sans aucun doute. Mais vous n’en êtes pas conscient alors vous considérez cela comme la Grâce.
En outre, au cours de la sâdhanâ, le chercheur parvient à un certain stade à partir du moment où tout lui apparaît comme étant la Grâce. Comme si tout ce qui advient sur cette terre était dû à la Grâce du Divin. Cela est alors totalement libéré de la relation sadhya-sâdhanâ (« accomplissant » et objet de l’accomplissement). C’est le stade de la Grâce.
Le stade supérieur transcende la Grâce. Il ne reste plus qu’une seule Existence. Qui manifestera la Grâce et à qui ?
Je demandai à Mâ :
" Si j'étais un sannyâsin, pourquoi dois-je peiner autant à présent ? "
Elle répliqua :
" Aussi longtemps qu'on n'a pas épuisé le fruit de son karma, on doit continuer le travail qui n'est pas terminé."
Un jour que nous étions seuls ensemble j'eus la curiosité de lui demander :
"Mâ, faites-moi savoir ce que vous êtes en réalité. "
Mâ se mit à rire aux éclats:
" Comment cette question puérile a pu se poser ?
Les êtres vivants ont la vision (darshan) de telle ou telle divinité selon leurs conditionnements passés (prârabdha karma)
Ce que j'étais auparavant, je le suis aujourd'hui et je le serai par la suite.
Je suis juste ce que vous dites et ce que vous pensez à cet instant.
Il faut savoir, il est vrai, que ce corps n'est pas né pour consommer le karma d'une vie antérieure (prârabdha karma).
Il vous suffit de comprendre que ce corps est l'incarnation de votre état de demande intérieure ; vous l'avez désiré et appelé, c'est pourquoi vous l'avez obtenu.
C'est le moment du jeu (lîlâ) avec cette forme ; que gagneriez-vous à en savoir plus ? "
Je lui dis :
" Votre réponse ne me satisfait pas. "
Elle répondit :
" Que veux-tu connaître de plus ? Dis-le, dis-le ! "
A son regard et à l'expression de son visage, il était clair qu'elle était alors identifiée à la déesse.
Saisi de crainte et d'émerveillement tout à la fois, je gardai le silence.