Ignorance
Q : Comment atteindre l'état d'union ?
Mâ : (en souriant) Etes-vous conscient d'un état de séparation ?
Pour parler sérieusement, la pensée même : "Comment puis-je m’unir avec lui", "Que dois-je faire pour le connaître", vous montrera le chemin qui mène à l'obtention du but.
Question : Quelle est la signification du mot : "samsara" et qui est le maître de ce samsara ?
Mâ : Il n'y a qu'un seul Brahman, qu'une seule Réalité Absolue, rien d'autre n'existe.
S'il vous plaît, montrez-moi quelque chose de différent de Brahman et où cela se trouve.
Swâmi Prakashânanda : Le Dieu unique est le maître du samsara.
Et ce Dieu est à la fois le maître de celui qui accepte Son existence et Sa maîtrise sur l'univers, et de celui qui fait profession d'athéisme.
Qu'on ait foi ou non dans l'existence de Dieu, Dieu est.
C'est pourquoi le disciple doit ressentir qu'il appartient tout entier à Dieu.
C'est avec cette foi qu'il doit pratiquer la sadhana (ascèse). Alors, et alors seulement, elle peut être couronnée de succès.
Mâ : Baba, est-il possible de décrire la Nature de Dieu ?
Swâmi Prakashânanda : Non, non, la Nature de Dieu est au-delà de la parole et du mental.
Mâ : Oui, telle est la Nature de Dieu...
Q : Comment surmonter la colère ?
Mâ : Buvez un verre d'eau froide et regardez-vous dans un miroir...
"Nous essayons de transcrire ce que Ma dit de notre mieux."
En entendant ceci Mâ rit et dit :
- Qu’est-ce que cela va vous apporter d’écrire tout cela ?
Il y a tant de mahatmas qui ont écrit tellement de choses.
Dieu vous donne des leçons d’un si grand nombre de manières différentes, n’est-ce pas suffisant ?
Cela ne fera qu’un ouvrage de plus du même genre ; Qu’allez-vous écrire de nouveau ?
Rien n’est nouveau, tout est ancien.
En disant cela, elle se mit à rire comme une enfant….
(Elle contemplait une feuille de bougainvillier)
Mâ : Comme c'est beau ! Regardez, les feuilles sont ocres.
Le visiteur : Dans mon pays toutes les feuilles tournent à l'ocre à l'automne.
Mâ : Dans votre pays ? Quel est votre pays ?
Le visiteur : Là où j'était avant de venir en Inde.
Mâ : Avant, ça veut dire quoi ? Et avant, où étiez-vous ?
Le visiteur : Avec vous.
Mâ : Avec moi ? Comment le savez-vous ?
Le visiteur : Vous le savez !
Mâ : Comment savez-vous que je sais ?
Le visiteur : Je ne sais pas.
Mâ : Comment savez-vous que vous ne savez pas ?
Le visiteur : Je ne sais rien ; je suis un fou !
Mâ : Comment savez-vous que vous êtes un fou ?
Le visiteur : Maintenant, il vaudrait mieux que je reste silencieux !
Mâ : Et quelle sera l'utilité de votre silence ?
Le visiteur : Des propos vains et insensés ne seront pas prononcés.
Mâ : Et pour quel avantage ?
Le visiteur : Je n'en sais rien.
Mâ : Vous n'en savez rien ? Vous redites que vous n'en savez rien ? Quelqu'un qui ne sait rien peut-il s'agacer ? Si l'on sait, on peut s'irriter de voir que les choses ne sont pas comme elles devraient être ! Mais un fou ne peut pas être dépité, car il ne sait pas ce qui devrait être. Toujours, souvenez-vous que vous êtes un fou et que par là rien ne peut vous décevoir. C'est le "je" qui proteste et c'est le "je" dont il faut se défaire. Alors le fou sera peut-être un éveillé...
En tout cas, gardez en tête que vous ne savez rien et que de ce fait rien ne peut vous irriter. Alors le "je" s'évanouira et la joie surgira.