Vangmayi Ma

29

July 2026
Wednesday
23:40
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Vangmayee Ma

"La Mère pénétrée, constituée de Parole"

"Ce nom évoque la première forme de la Mère divine dans les védas, 'Vak', de la même racine que 'vox' en latin et ‘voix’ en français, cette déesse « Voix » donc qui permet l'expression audible du Brahman.
On dit qu'elle est née de la langue de ce
Brahman, ou parfois qu'elle en est son épouse.
Elle n'est pas sans évoquer la
Hohkhma (חָכְמָה) (Sophia-Sagesse) de la mystique juive.
Dans l'hindouisme classique, elle s'est transformée en
Sarasvatî, déesse blanche de la pureté, de l'enseignement et de la connaissance, ainsi que de la musique.
Elle réside (vatî) sur un cours d'eau (saras), c'est le sens de son nom.

Cet archétype s'associe assez spontanément à Mâ Anandamayî, qui a été toute sa vie vêtue de blanc, et dont l'ashram principal et le tombeau sont situés au bord du Gange tout près d'Hardwar. Ce qu'il y a de particulier dans le cas de , c'est qu'il ne s'agissait pas d'une divinité vieille de plusieurs millénaires et présents uniquement sur le plan subtil, mais d’une personne bien vivante qu'on pouvait rencontrer si on le voulait.
Dans ce contexte, la transmission d'énergie était beaucoup plus puissante et concrète, au moins pour les visiteurs ou disciples qui avaient l'ouverture requise pour recevoir ce transfert."

Jacques Vigne, préface de "Paroles de Mâ Anandamayi, classées par thèmes", Unicité 2013

Alors que je travaillais à compléter le document "Les premiers écrits", je suis tombé sur l'ouvrage "Vangmayee Mâ" qui est à l'origine un recueil de paroles, publié en bengali en 1983...
Cette édition a connu une première traduction anglaise intitulée "Ma in Her words" à partir de laquelle une traduction française a été réalisée par Jean E. Louis sous le titre "Paroles de Mâ Ânandamayi, classées par thèmes", éd. Unicité, 2013.
La version anglaise était basée sur une traduction en gujarati d’une traduction en hindi de l’original bengali... ce qui fait beaucoup... Raison pour laquelle une nouvelle version a parue en 2024 ; une traduction anglaise basée directement sur le texte original en bengali, cette fois.

La note du traducteur de l'édition de 2024 mentionne :
"On a estimé qu’une traduction directe à partir du bengali original serait la seule à rendre justice à ce que Sri Ma cherche à nous transmettre. Cette traduction est restée aussi fidèle que possible aux propres mots de Sri Ma, en conservant les expressions idiomatiques bengalies, ce qui signifie que, parfois, le texte anglais ne se lit pas très bien selon notre conception de la langue."

Cette version de 2024 est aussi plus complète puisqu'elle rassemble l'édition de 1983 (1ère partie) et celle de 1989 (2ème partie). Elle est disponible en anglais dans son intégralité sur le site officiel.

Alors que je cherchais à comprendre tout ce cheminement éditorial, j'ai retrouvé dans le numéro 92 de Jay Ma la première version de la préface de Jacques Vigne (qui n'est pas exactement la même que celle parue dans l'édition chez Unicité).
Jacques Vigne nous dit : "Pour bien comprendre comment Mâ transmettait l'énergie, il ne suffit pas de lire ces paroles, mais il faut également se plonger dans sa vie et dans les expériences de ses disciples proches."
Et pour aiguiller le lecteur, il propose quelques pistes : l'ouvrage "Matri Darshan" (Terre du Ciel, 1996), le témoignage premier de Bhaiji ("Sad Vani", "Mère se révèle"). L'oeuvre monumentale de Bithika Mukerji (voir les détails dans "Les premiers écrits"). Et enfin, il propose le dernier ouvrage de Jean-Claude Marol "La Saturée de Joie", éd. Dervy 2001.

D'ailleurs, ce mois-ci, le premier chapitre "A travers le miroir" a été ajouté et est accessible sur ce site.

Pourquoi Marol ?
Et pourquoi Marol a-t-il écrit autant d'ouvrages sur (c'est-à-dire cinq dont un en collaboration avec Jean-Yves Leloup) ?

Il faut lire la préface de Jacques Vigne pour avoir un début de réponses... Il précise que Jean-Claude Marol développe dans son dernier livre "l'importance du féminin spirituel, et le lien qu’il discernait entre le lien avec Mâ et le respect pour l’image de la Dame au Moyen Âge, qui a continué dans le catholicisme jusqu'à nos jours à travers le culte de Notre-Dame."

Jacques Vigne poursuit en montrant que n'a pas seulement vécu une auto-initiation et des états de samadhi qu'on pourrait rapprocher d'expériences chamaniques, mais qu'elle était "déjà prise dans le vaste courant de la bhakti du Bengale avec les grands exemples de Chaitanya Mahâprabhu au XVIe siècle et de Râmakrishna au XIXe. Elle a passé sa vie de gourou à guider la majorité de ses disciples sur cette voie traditionnelle de la bhakti (...) mais elle était aussi solidement enracinée dans la voie de la connaissance et dans l'expérience de l'Un."

Il y a au Bengal un "vaste courant de la bhakti" dont les chanteurs Bâuls font partie...
Les Bâuls sont des poètes, musiciens et mystiques itinérants du Bengale.

Bhaiji s'inscrivait pleinement dans l'infini de la bhakti ; il fut, pour ainsi dire, le premier poète de Mâ.
N'a-t-il pas écrit "The Song of a Crazy FeIlow" ?

Le "chant de la dévotion" est un mystère incarné qui s'est diffusé sous d'innombrables formes.

On a remarqué que l'image de , la trace de lumière qu'elle aura laissée, — que ce soit par les photographies, les films, les portraits peints, les poèmes écrits par les dévots et les chants en son nom —, est une matière vivante qui touche la sensibilité... qui enseigne par le sensible... sensibilise l'entendement pour l'amener au Sublime... Ce sont tous les aspects, je crois, de Saraswati.
Jouez du tambours et vous entendrez le son produit...
disait :

Ce que vous entendez dépend de la façon dont vous jouez.

Marol, par sa nature sensible, est le parfait poète — poète de l'esprit et du coeur — qui aura reconnu la Dame au premier regard. Il a su toucher à la pureté poétique par la fraîcheur et la profondeur de ses œuvres... qui se déployaient naturellement aux pieds de .

Voilà qui résumerait assez bien la démarche et les écrits de Jean-Claude Marol, d'après ce que j'ai pu en découvrir. Il a pour ainsi dire unit dans un même Grand-Œuvre le chant des troubadours et des Bâuls, Notre-Dame et la parole de ... Non pas que tout serait équivalent ou même comparable, mais que tout résonne et permet de discerner ce que le poète nous montre... Si le poète est au service de la Dame Ultime, il joue ce qu'il a entendu. Traversé par cette grâce, cette effusion d'Amour Pur, il reçoit le don d'exprimer la beauté du monde, la perception de l'Harmonie... Marol se fait témoin cosmique, contemplant et reflétant ce qui est au-delà des mots.

Et nous... il nous est donné de l'entendre, si notre cœur d'enfant s'abandonne pour y jouer sa part...

Mais je m'interroge...
Comment quelqu'un qui a touché à l'essence a pu laisser si peu de traces.

Pour Marol, le mot n'est pas seulement une passerelle abstraite, il est créateur de la matière et le seul point de contact réel que nous ayons avec elle. Sa démarche de poète est presque magique et métaphysique.

Jean-Claude Marol

Pourquoi suis-je revenu ainsi à la Dame, alors que nous la cherchions depuis des semaines... (voir la publication du mois d'avril)... Quel étrange non-hasard !

Le vrai sujet c'est la Déesse, mais comme le dit Jacques Vigne, pour la comprendre "il faut également se plonger dans sa vie et dans les expériences de ses disciples proches."
La Mère se révèle aussi par le chant de ses enfants. Et Marol était un orfèvre en toute matière.

Peut-être avait-il tout dit de lui et de son Elan vital dans la préface de "Ce Corps" aux éditions Altess, 1999 :
"Insolence d'entrelacer des continents culturels, des temps différents, le Mystère de Jésus, qui même pour les non-chrétiens est incomparable, et un autre Mystère ?
Mais est-ce un autre Mystère ?
"

Marcheur d'entrelacements, funambule au fil du rasoir, il dit aussi dans cette autre préface ("La vie en jeu") :

"Je traduis ANANDA par "joie" plutôt que "félicité" ou "béatitude" pour ne pas s'en tenir à la seule connotation "spirituelle".
"Joy" pour nos anciens poètes était Joyau aux infinies facettes.
"

Il y a un effondrement du temps et de l'espace qui se produit lorsqu'on cherche les infinies facettes... on retrouve les visages de la Dame et les mille chants qui en émanent... Je dirais qu'il a entendu ces chants comme un Ulysse sur le point de retrouver son Refuge.

Jean-Claude Marol était un écrivain et un poète (en plus d'être dessinateur et architecte)...
D'après ce que j'ai pu en lire, il a tenté par toutes ses oeuvres de réhabiliter le féminin sacré refoulé par l'histoire religieuse occidentale et par un certain patriarcat spirituel.
Mais il ne s'est jamais contenté de cela ; à chaque fois, il a montré que la véritable destination dépasse toute polarité, même celle qu'on vient de réhabiliter. Le féminin sacré n'est pas le point d'arrivée, c'est une étape nécessaire vers l'Un qui n'est ni masculin ni féminin.
Marol ne défend pas le féminin sacré contre le rationnel patriarcal ; il montre qu'il n'a jamais cessé de courir sous la surface, dans les deux traditions à la fois (orientale et occidentale), et que le reconnaître est un pas vers l'Un. Sa manière de lire le monde est patiente, incarnée, joyeuse, volontairement sans système... il suivait les traces d'une même chose partout où elles affleurent.
Toute son oeuvre est un seul geste... un brandon à ramasser, à refiler...
La Dame du XIIe siècle et la Mère du XXe ne sont pas deux sujets qu'il a étudiés : ce sont deux noms qu'il donne à la même Présence. Le vrai sujet de toute son œuvre, ce n'est ni le Moyen Âge ni l'Inde, c'est Elle, sous tous ses noms.

Ce qui est plutôt marquant chez lui, c'est qu'il choisit des "figures de seuil" ; Guillaume IX à cheval entre chrétienté et islam, les Bâuls à la frange de leur propre culture. Et cette position de bordure est aussi la sienne : architecte devenu dessinateur de presse devenu conteur devenu "passeur de Mâ", jamais fixé dans une case, ni universitaire, ni religieux, ni gourou.
Les "êtres de bordure" sont bien placés pour rencontrer d'autres mondes...
À la toute fin de La Saturée de joie, il efface même sa propre voix : « rien n'est à part d'Elle »... le passeur disparaît dans ce qu'il transmet.
C'est vraiment ce que je vois de lui ; une figure si humble et noble qu'elle se retire avec révérence pour laisser le silence et le rire exprimer ce qu'il ne voudrait formuler directement... afin que nous partions à la découverte, nous aussi... grand pédagogue qu'il était.

Il n'a pas seulement écrit sur les troubadours et sur ... Il a fait avec elle ce que Guillaume IX avait fait avec sa dame : il a chanté.
Un homme qui a passé sa vie à étudier comment l'Amour se dit en poème a fini par écrire, lui-même, le poème de sa propre rencontre avec le Divin au féminin.
Il n'est pas resté extérieur à son sujet, il l'a rejoint.

La Saturée de joie paraît quelques semaines avant qu'il ne meure. Ce n'est probablement pas lui qui l'a voulu ainsi mais le fait est là. Et il donne à ce livre une gravité particulière : c'est le dernier mot d'un homme qui, toute sa vie, avait cherché comment dire la même chose sous des costumes différents, et qui la dit, une dernière fois, juste avant de partir.

"Rien n'est à part d'Elle"

Il meurt sur son bateau, Le Calife, amarré sur la Seine face à Notre-Dame, littéralement entre l'eau et la Dame de pierre.

Sa vie elle-même devient le dernier poème, non écrit, non commenté.

Moi aussi, je le rejoins en écrivant sans clore, en laissant une part de silence...
Le feu qu'il a porté n'est pas éteint, seulement dispersé, en attente qu'on le reconnaisse.
Qui écoute les sons du tambour fini par trouver celui qui en joue... peu importe les siècles et le langage... le lexique de "la folie sacrée"...
Pagol ou khepa en bengali, « le fou », « le fou de Dieu ».
Le majnûn soufi (le fou d'amour, littéralement « possédé »), et côté chrétien, la tradition du "fol-en-Christ" (yurodivy en russe, saint François qualifié de « fou de Dieu » en Occident)

On peut tomber dans un puits,
ou bénéficier d'une case favorable,
et garder le sourire dans les deux cas.

Il y a de même une façon de vivre tous nos états,
les passionnément, les un peu, les pas du tout,
en gardant le sens du jeu.

Trouvons en nous, si nous le pouvons, ce joueur,
cette joueuse libre de la case traversée
et qui garde une vision panoramique.

Jean-Claude Marol
Extrait du "Fier Baiser"
de Jean-Claude Marol,
éditions Dervy, 2001

Où il n'y a ni forme ni attribut, quels mots utilisés ?

Où rien n'est exclu, comment empêcher l'unité ?

Dans ce repos parfait, rien n'est à part de Lui !

Mâ Ânandamayî
Extrait de "La Saturée de Joie",
de Jean-Claude Marol,
éd. Dervy, 2001
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Vangmayee Ma

“The Mother, imbued with and constituted by the Word”

This name evokes the earliest form of the Divine Mother in the Vedas, ‘Vak’, which shares the same root as ‘vox’ in Latin and ‘voix’ in French; this goddess, ‘Voice’, therefore, enables the audible expression of Brahman.
It is said that she was born from the tongue of this
Brahman, or sometimes that she is his consort.
She is not unlike the Hokhmah
(חָכְמָה) (Sophia—Wisdom) of Jewish mysticism.
In classical Hinduism, she became
Sarasvatî, the white goddess of purity, teaching and knowledge, as well as music.
She dwells (vatî) by a stream (saras); this is the meaning of her name.

This archetype is quite naturally associated with Mâ Anandamayî, who dressed in white throughout her life, and whose main ashram and tomb are situated on the banks of the Ganges, very close to Haridwar. What is unique about is that she was not a deity dating back several millennia and present solely on the subtle plane, but a very much living person whom one could meet if one wished.
In this context, the transmission of energy was much more powerful and tangible, at least for visitors or disciples who possessed the necessary openness to receive this transfe
r.”

Jacques Vigne, preface to "Paroles de Mâ Anandamayi classées par thèmes", Unicité 2013

Whilst I was working on completing the document “The Early Writings”, I came across the book “Vangmayee Mâ”, which was originally a collection of sayings published in Bengali in 1983...
This edition was first translated into English as “Ma in Her Words”, from which a French translation was produced by Jean E. Louis under the title “Paroles de Mâ Ânandamayi, classées par thèmes”, published by Unicité in 2013.
The English version was based on a Gujarati translation of a Hindi translation of the original Bengali text… which is quite a few steps removed… This is why a new version was published in 2024; an English translation based directly on the original Bengali text this time.

The translator’s note in the 2024 edition states:
It was felt that a direct translation from the original Bengali would be the only way to do justice to what Sri Ma seeks to convey to us. This translation has remained as faithful as possible to Sri Ma’s own words, retaining Bengali idiomatic expressions, which means that, at times, the English text does not read very well according to our understanding of the language.

This 2024 version is also more comprehensive, as it combines the 1983 edition (Part 1) and the 1989 edition (Part 2). It is available in full in English on the official website.

Whilst trying to make sense of this whole editorial process, I came across the first version of Jacques Vigne’s foreword in issue 92 of "Jay Ma" (which is not exactly the same as the one published in the Unicité edition).
Jacques Vigne tells us: “To fully understand how Mâ transmitted energy, it is not enough simply to read these words; one must also immerse oneself in her life and in the experiences of her close disciples.
And to guide the reader, he suggests a few resources: the book "Matri Darshan" (Terre du Ciel, 1996), and Bhaiji’s first account ("Sad Vani", "Mother Reveals Herself"). The monumental work by Bithika Mukerji (see details in “The Early Writings”). And finally, he recommends Jean-Claude Marol’s latest book, “La Saturée de Joie”, published by Dervy in 2001.

Moreover, this month, the first chapter, “A travers le miroir”, has been added and is available on this website.

Why Marol?
And why has Marol written so many books on (namely five, including one in collaboration with Jean-Yves Leloup)?

One must read Jacques Vigne’s preface to begin to find some answers… He points out that, in his latest book, Jean-Claude Marol explores “the importance of the spiritual feminine, and the connection he discerned between the link with Mâ and respect for the image of the Lady in the Middle Ages, which has continued in Catholicism to the present day through the veneration of Notre Dame.

Jacques Vigne goes on to show that not only underwent a process of self-initiation and experienced states of samadhi that could be likened to shamanic experiences, but that she was “already caught up in the vast current of Bengali bhakti, following the great examples of Chaitanya Mahâprabhu in the 16th century and Râmakrishna in the 19th. She spent her life as a guru guiding the majority of her disciples along this traditional path of bhakti (...) but she was also firmly rooted in the path of knowledge and in the experience of the One.

In Bengal there is a “vast current of bhakti” of which the Baul singers form part...
The Bauls are itinerant poets, musicians and mystics of Bengal.

Bhaiji was fully immersed in the infinity of bhakti; he was, so to speak, the first poet of Ma.
Did he not write ‘The Song of a Crazy Fellow’?

The ‘song of devotion’ is a mystery made manifest that has spread in countless forms.

It has been observed that the image of , the trace of light she has left behind — whether through photographs, films, painted portraits, poems written by devotees or songs in her name — is a living substance that touches the senses… that teaches through the senses… that sensitises the mind to lead it to the Sublime… These are, I believe, all the aspects of Saraswati.
Play the drum and you will hear the sound it produces…

used to say:

What you hear depends on how you play.‍

Marol, by his sensitive nature, is the perfect poet — a poet of the mind and the heart — who recognised the Lady at first sight. He was able to attain poetic purity through the freshness and depth of his works… which unfolded naturally at ’s feet.

That would sum up Jean-Claude Marol’s approach and writings quite well, from what I have been able to discover. He has, so to speak, united within a single Great Work the songs of the troubadours and the Bâuls, Notre-Dame and the word of … Not that everything is equivalent or even comparable, but that everything resonates and enables us to discern what the poet is showing us… . If the poet is in the service of the Ultimate Lady, he plays what he has heard. Filled with this grace, this outpouring of Pure Love, he receives the gift of expressing the beauty of the world, the perception of Harmony... Marol becomes a cosmic witness, contemplating and reflecting what lies beyond words.

And we… we are granted the chance to hear him, if our childlike heart surrenders itself to play its part…

But I wonder…
How could someone who has touched the essence have left so few traces?


Jean-Claude Marol

Why have I returned to the Lady in this way, when we had been searching for her for weeks… (see the April post)… What a strange un-coincidence!

The real subject is the Goddess, but as Jacques Vigne says, to understand her, “one must also immerse oneself in her life and in the experiences of her close disciples.
The Mother also reveals herself through the song of her children. And Marol was a master craftsman in every respect.


Perhaps he had said it all about himself and his "élan vital" in the preface to "Ce Corps", published by Altess in 1999:
What audacity to intertwine cultural continents, different eras, the Mystery of Jesus—which, even for non-Christians, is incomparable—and another Mystery?
But is it another Mystery?

A walker of intertwining paths, a tightrope walker on a razor’s edge, he also says in this other preface ("La vie en jeu"):

I translate ANANDA as ‘joy’ rather than ‘happiness’ or ‘bliss’ so as not to confine it to a purely ‘spiritual’ connotation.
“Joy”, for our ancient poets, was a Jewel with infinite facets.

There is a collapse of time and space that occurs when one seeks out the infinite facets… one encounters the faces of the Lady and the thousand songs that emanate from her… I would say that he heard these songs like an Odysseus on the verge of finding his Refuge.

Jean-Claude Marol was a writer and poet (as well as an illustrator and architect)...
From what I have read, he sought through all his works to restore the sacred feminine, which had been repressed by Western religious history and by a certain spiritual patriarchy.
But he was never content with that alone; time and again, he showed that the true destination transcends all polarity, even that which has just been rehabilitated. The sacred feminine is not the point of arrival; it is a necessary step towards the One, which is neither masculine nor feminine.

Marol does not defend the sacred feminine against patriarchal rationality; he shows that it has never ceased to flow beneath the surface, in both traditions (Eastern and Western), and that recognising this is a step towards the One. His way of interpreting the world is patient, embodied, joyful, deliberately unsystematic… he followed the traces of one and the same thing wherever they surfaced.
His entire body of work is a single gesture… a burning ember to be gathered up, to be passed on…
The Lady of the 12th century and the Mother of the 20th are not two subjects he studied: they are two names he gives to the same Presence. The true subject of his entire body of work is neither the Middle Ages nor India; it is She, in all her names.

What is particularly striking about him is that he chooses ‘figures on the threshold’: Guillaume IX, straddling Christianity and Islam; the Bâuls, on the fringes of their own culture. And this position on the margins is also his own: an architect who became a cartoonist, then a storyteller, then a ‘conveyor of ’—never confined to a single category, neither academic, nor religious, nor guru.
‘Beings on the margins’ are well placed to encounter other worlds…
At the very end of "La Saturée de joie", he even erases his own voice: ‘nothing exists apart from Her’… the messenger disappears into that which he conveys.
This is truly how I see him; a figure so humble and noble that he steps back reverently to let silence and laughter express what he would not wish to articulate directly… so that we, too, might set out on a journey of discovery… the great teacher that he was.

He did not merely write about the troubadours and about — he did, with her, what Guillaume IX had done with his lady: he sang.
A man who spent his life studying how love is expressed in poetry ended up writing, himself, the poem of his own encounter with the Divine in her feminine form.
He did not remain detached from his subject — he became one with it.

"La Saturée de joie" was published a few weeks before his death. It was probably not his intention, but that is how it turned out. And this lends the book a particular gravity: it is the final word of a man who, throughout his life, had sought ways to express the same idea in different guises, and who expresses it one last time, just before he passed away.

Nothing exists apart from Her

He died on his boat, "Le Calife", moored on the Seine opposite Notre-Dame — literally between the water and the Stone Lady.

His life itself became his final poem, unwritten, uncommented upon.

I, too, join him in writing without conclusion, leaving a space of silence...
The fire he carried is not extinguished, merely scattered, waiting to be recognised.
Whoever listens to the sounds of the drum eventually finds the one who plays it… regardless of the centuries and the language… the lexicon of ‘sacred madness’…
Pagol or khepa in Bengali, ‘the madman’, ‘the madman of God’.
The Sufi majnûn (the madman of love, literally ‘possessed’), and on the Christian side, the tradition of the ‘fool for Christ’ (yurodivy in Russian; Saint François, described as a ‘madman of God’ in the West)

You might fall into a well,
or land on a favourable square,
and keep smiling in either case.

Likewise, there is a way to experience all our states of mind—
whether with passion, a little, or not at all—
whilst keeping a sense of play.

Let us find within ourselves, if we can, that player,
that player free from the square they’ve crossed
and who retains a panoramic view.

Jean-Claude Marol
Excerpt from "Fier Baiser"
by Jean-Claude Marol,
Dervy, 2001

Where there is neither form nor attribute, what words are used?

Where nothing is excluded, how can unity be prevented?

In this perfect stillness, nothing is separate from Him!

Mâ Ânandamayî
Excerpt from "La Saturée de Joie",
by Jean-Claude Marol,
published by Dervy, 2001