Le Chemin
"Nous essayons de transcrire ce que Ma dit de notre mieux."
En entendant ceci Mâ rit et dit :
- Qu’est-ce que cela va vous apporter d’écrire tout cela ?
Il y a tant de mahatmas qui ont écrit tellement de choses.
Dieu vous donne des leçons d’un si grand nombre de manières différentes, n’est-ce pas suffisant ?
Cela ne fera qu’un ouvrage de plus du même genre ; Qu’allez-vous écrire de nouveau ?
Rien n’est nouveau, tout est ancien.
En disant cela, elle se mit à rire comme une enfant….
Question : Qu'est-ce que la "Grâce du Guru" ?
Réponse : Lorsque le Guru accorde ses instructions, ainsi que la capacité de les traduire en action - c'est sa Grâce. La grâce est déversée à tout moment. Mais elle ne peut pas entrer car le réceptacle est à l'envers. Quand on devient réceptif, on est capable de recevoir la Grâce. Le moyen de retourner le réceptacle dans le bon sens est d'obéir à la lettre aux ordres du gourou.
En vertu du yoga de la pratique soutenue, le voile se déchirera et le Soi se révélera - on avancera vers sa vraie demeure.
Tant qu'il y aura des envies, on naîtra encore et encore ; en d'autres termes, l'existence physique se poursuit à cause du sentiment de manque. Par une pratique spirituelle soutenue, on peut s'en libérer. Pour que le fait de l'union éternelle de l'homme avec l'Unique puisse être révélé, il faut suivre les commandements du gourou.
En agissant ainsi, on devient digne de sa grâce.
Le Guru, dans sa compassion, indique à chacun son propre chemin, le chemin qui mène à la réalisation du Soi.
Il existe deux types de grâce, à savoir avec et sans cause ou raison. La première est obtenue comme résultat de nos actions ; mais lorsqu'on comprend que l'on ne peut arriver à rien par ses propres efforts, on reçoit la grâce sans cause ni raison.
De l'état d'impuissance totale, elle élève l'homme.
Q : Une fois, en méditant dans une pièce obscure, j'ai eu l'impression qu'elle était baignée par le clair de lune ; mais lorsque j'ai ouvert les yeux, je me suis aperçu que j'étais dans le noir. Qu'est-ce que cela veut dire ?
Mâ : Voir de la lumière est un bon signe.
Tant que le chemin n'est pas éclairé, comment peut-on voir quelque chose ?
Il en va de même dans le monde matériel, tant qu'il n'y a pas d'éclairage vous n'y voyez rien. A présent il y a la lumière à l'extérieur et l'obscurité au-dedans.
Quand la lumière se répand sur le monde intérieur, celle du dehors s'efface.
Cependant, il s'agit d'un stade où il y a encore une différenciation entre intérieur et extérieur ; mais il y en a un autre après où il n'y a plus ni intérieur ni extérieur, l'ensemble des choses est vu comme un tout.
Q : Est-il nécessaire de suivre les règles de séparation en ce qui concerne les repas ?
Est-ce que cela n'aggrave pas la bigoterie ?
Mâ : Pour un sâdhaka, des règles sont nécessaires.
Son aura est affectée par la proximité de personnes d'un type différent.
Souvenez-vous du bloc opératoire : quels efforts ne fait-on pas pour prévenir les infections !
Néanmoins, si le sâdhaka est parvenu à "l'immunité", et s'il déborde de Shaktî divine, il peut choisir de faire comme il le souhaite.
Q : je vous ai entendue dire que tous les instants sont contenus dans l'Instant suprême. Je ne comprends pas.
Mâ : Le moment de naître conditionne une nouvelle expérience de vie. A l'Instant suprême, tout est accompli ! Notre destin est comblé !
Vous le savez, en vous engageant dans l'action, vous répondez aux nécessités de la nature ; la qualité (guna) de la nature est de se multiplier (également guna).
Le monde est transitoire, périssable, mais un esprit dévoué, une pensée affinée, savent consumer l'impermanence de la nature humaine.
Quand il n'y a plus rien à brûler, là est le moment de toute éternité ! Saisir ce moment, là est votre destin.
En réalité, il est Cela ; Tout-Cela. Comment Cela pourrait laisser quoi que ce soit en dehors ?
Qui a plongé dans ce courant ne peut plus séparer présent, passé, futur.
Un yogi peut saisir un objet placé de l'autre côté d'un mur, en tendant simplement la main ! Pour lui, le mur n'est pas là, même s'il existe, et même s'il n'y a pas de mur, c'est comme s'il y en avait un. Pour comprendre : Imaginez derrière un voile, un objet. Devant vous, c'est entendue, s'interpose le voile ; mais il n'était pas là quelque temps avant ; il n'est pas dit qu'il sera là quelque temps après. Alors quelle est sa présence maintenant ? C'est un exemple pour tenter de dire.
Le mur qui est supposé faire obstruction, ne contrarie pas le geste du yogi. De même, le yogi peut percevoir un objet invisible pour les autres.
Mouvement, repos, bien que chacun garde sa spécificité, ne s'opposent pas non plus, pour qui voit vraiment.
Tout est possible — mais ce corps n'est pas enclin à tout dire ! Nous approchons là, le domaine du merveilleux.
Revenons à l'Instant.
Les moments tels que vous les vivez, sont tétanisés. L'Instant contient l'être et le devenir ; il contient tout ; rien n'est là et tout est là.
Il n'y a pas même d'opposition entre cet Instant et des moments qui ne sont que des bouts de temps !
L'Instant est temps, mais pas ce que vous nommez "temps".
Le temps (samaya) est saturé de Soi (sva mayi), tissé du seul Soi, où rien n'existe, sauf le Soi !