Progrès spirituel
Q : Parfois, je suis désespéré parce que je ne semble pas capable de réussir.
Mâ : Vous êtes désespéré quand vous avez des désirs et qu’ils restent insatisfaits.
Mais quand on aspire à Dieu pour Lui-même, comment est-il possible d’être désespéré ?
Q : En se prosternant devant Dieu, quelle sorte de prière faudrait-il faire ?
Mâ : Dans l'idéal, il ne faudrait pas faire de requête, et pourtant, on peut obtenir le fruit de ses requêtes.
Il est tellement miséricordieux qu'Il donne tout ce qu'on lui demande. Il se donne aussi Lui-même. Quand on demande des objets du monde, c'est-à-dire un objet dont on manque, Il apparaît sous forme de manque. Par ailleurs, en ne demandant rien, on peut aussi obtenir Son être entier.
Il n'y a pas de cause à cela, à ce niveau tout est Lui.
Dr Pannalal : S'il en était ainsi, il n'y a pas besoin de prier.
Mâ : Tu peux exprimer la prière, "que ta volonté soit faite", mais cela reste une requête.
Si tu dis : "ô Dieu, je ne te demande rien" cela aussi est une requête.
La vérité est que, selon l'état dans lequel se trouve les gens, leurs prières se concrétisent.
Quand le jeu de la sâdhanâ s'est déroulé dans ce corps, c'est ce qui est apparu comme évident.
À cette période, Bholanâth s'approchait de ce corps et lui disait avec insistance de faire ceci ou cela. À ce moment-là, c'était une période de pratique intensive et je n'avais aucune envie d'écouter ce que disait Bholanâth, est-ce qu'on doit faire ce genre de demande à Bhagavân [alors qu'il n'a pas envie de les entendre] ?
Rien qu’en entendant ces demandes, un courant électrique venu du ciel traversait ce corps et il demeurait comme frappé par la foudre. Ainsi, les propos de Bholanâth furent enterrés, et il n'y eut plus de demandes qui sortaient de sa bouche.
Je pourrais comparer cela à une tempête qui assaille un voyageur en chemin, à ce moment-là on se met à effectuer différents types de prière, mais il y a aussi un niveau supérieur où l'esprit se trouve soudain dans un état où il n'y a pas la moindre trace de demande.
C'est donc pour cela qu'on peut dire que les prières des gens remontent spontanément d’après leur état particulier.
Question : Certains disent : "Il faut servir les pauvres et les nécessiteux avec dévotion pour obtenir la libération."
Voilà ce que j'ai entendu de mes aînés. Mais, j'ai aussi entendu des mahâtma dire qu'il fallait pratiquer une ascèse (sadhana) pour obtenir la Libération.
De ces deux chemins, quel est le meilleur ? Quel est celui que vous me recommandez ?
Mâ : Quel est celui que vous préférez ?
C'est votre inclination qui devrait déterminer votre choix.
Mais, puisque vous me posez la question, suivez donc les deux méthodes !
Autre interlocuteur : En supposant que quelqu'un ne soit en mesure de suivre aucune de ces deux méthodes, laquelle conseilleriez-vous en troisième lieu ?
Mâ : Puisque la première personne qui m'a posé cette question a parlé de ces deux voies, cela signifie qu'elle peut au moins suivre l'une d'elles.
Ceci dit, à propos de la première voie, rappelez-vous que, jusqu'à ce qu'on ait réalisé le Soi, on est toujours pauvre et nécessiteux...
Q : On dit que Dieu est tout en tout. Rien n’arrive sans qu'Il ne le veuille.
Ainsi donc, pourquoi devrait-on nous blâmer pour nos péchés ?
Mâ : Tout est Lui seul. Bien et mal sont aussi Lui-même.
Il ressent de la joie dans le bien qu'il fait et c’est lui-même qui souffre des conséquences des mauvaises actions.
Je vous vois comme Lui qui est en train de dire qu'Il souffre.
Il est heureux, et Il est misérable.
Tel est son jeu, lîlâ, depuis la nuit des temps.
Q : Quelle est l'utilité de toute cette lutte ?
Mâ : Elle est très utile.
Un enfant, tandis qu'il étudie, ne comprend pas combien de connaissances il est en train d'acquérir.
Quand il a de bonnes notes à ses examens, ils se sent heureux. De même, quand le temps viendra, vous vous rendrez compte de combien de progrès vous avez fait.
Continuer à vivre dans le souvenir de Dieu.
Ce qui est agréable, preyas, est bon en apparence ; ce qui est réellement bon, shreyas, est en apparence difficile et désagréable.
Il est nécessaire de rendre ce qui est réellement bon agréable aussi.
Q : Si quelqu'un se tourne vers la religion dans ses vieux jours, est-ce qu’il sera capable de maintenir un calme de l'esprit à l'heure de la mort ?
Mâ : Il y a des attirances et influences innombrables qui déterminent le style de vie d'une personne, on ne peut donc rien dire en ce qui concerne sa dernière heure.
Ce corps dit : tout est possible, il n'est donc pas bon de restreindre sa vision.
Question : Quand on va dans une confiserie, on trouve un grand nombre de sucreries alléchantes et on est tenté d'en demander des échantillons avant de faire son choix. Mâ donnez- nous des échantillons de confiseries spirituelles avant que nous nous engagions plus avant dans la voie !
Mâ : Pour atteindre ou obtenir la lumière du Soi vous devez vivre en compagnie des sages, lire de bons livres spirituels et avoir un comportement juste (dharmique).
Ces trois éléments vous conduiront à la lumière du Soi.
C’est une très belle voie pour atteindre le Soi.