Sur la trace des Yogis
Vijâyananda a passé sept ans dans un ermitage à Dhaulchina, sur un sommet boisé près d’Almora c’est là qu’il a rédigé son ouvrage Sur les traces des Yogis ; puis il est redescendu à Kankhal près d’Hardwar, à l’endroit où le Gange rentre dans la plaine. Mâ lui avait conseillé de revenir dans ce grand ashram où elle résidait très souvent avant sa mort en 1982 et où elle a maintenant son samadhi.
Mâ l’avait chargé de recevoir des chercheurs spirituels qui souhaitent une information de première main sur son enseignement ou sur l’expérience du yoga, et il s’acquitte de sa tâche avec une fraîcheur et une présence renouvelées à chaque fois, même si évidemment il ne peut pas créer de nouveaux souvenirs personnels de Mâ.
Cette présence est d’autant plus étonnante que les questions des visiteurs de passage reviennent en fait souvent au même ; cependant, les personnes sont à chaque fois différentes.
Même si les visiteurs ne peuvent sonder la sagesse de l’ancien ermite en quelques entrevues, ils reçoivent néanmoins le don de son amour, ils le sentent et lui en sont reconnaissants.
Citation
Ceci est une lettre de Shree Shree Anandamayee Ma, à Mmr Prangola Mukherjee, écrite de sa propre main.
Je vais essayer de vous dire quelque chose sur le début du processus spirituel (PROTAM AVASTHA) dans ma vie.
Chaque fois que le chant extatique du Nom du Seigneur par les gens m'atteignait, cela créait un état mental d'attraction et de joie bénie (ANANDA) dans mon être.
Juste en entendant le chant divin (SANKIRTAN), mon esprit était inondé d'une ivresse bénie (ANANDA). J'avais l'impression qu'une force divine (SAKTI) pousse ce corps dans un mouvement de danse.
Bien que ma conscience naturelle soit intacte, il m'arrivait de garder la position assise et d'autres fois, la force divine (SAKTT) me faisait tomber sur le sol en terre battue de la pièce ou à l'extérieur dans la jungle.
Cette force divine ou Shakti me mettait dans un tel état mental que parfois je pleurais et parfois je riais. Je ne pouvais me relever et m'asseoir que lorsque la gravité de la Shakti devenait moins forte.
Alors, je me disais, laissez cette ivresse bénie (BHAVA. MAHAANANDA) revenir et laissez-moi la partager avec d'autres.
Même si l'état béni (BHAVA) revenait, une grande joie sublime palpitait dans ma vitalité pendant 3 ou 4 jours.
Le moindre son me choquait comme un enfant.
J'avais envie de rassembler tous les gens et de me laisser absorber par le chant continu du Nom béni du Seigneur.
S'ils ne venaient pas, je les prierais en leur tenant les mains et les pieds et je leur dirais qu'aucun luxe ne peut leur donner ce genre de joie bénie de chanter le Nom du Seigneur.
Mais je ne pouvais pas prononcer ces mots.Lorsque les gens ont commencé à murmurer contre moi, je n'ai pu que pleurer.
Tout au long de la journée, je faisais mes travaux ménagers et j'avais hâte que la nuit tombe pour me permettre de passer dans cet état béni (BHAVA).
