La philosophie de l'absolu
Ma Anandamayi (1896-1982) fait partie des saints hindous du xxe siècle les plus célèbres et les plus vénérés.
Par sa sagesse, sa joie et sa compassion, elle a inspiré des millions d'individus de toute croyance et de toute origine. Mâ Anandamayî est bien connue du public français depuis 1974 avec les excellents ouvrages de Josette Herbert.
L’Enseignement de Mâ Ananda Moyî, puis de Jean Herbert, Aux sources de la joie. L’ouvrage dont nous présentons ici la traduction se distingue toutefois des autres en ce sens qu’il consiste, et pour la première fois, en une étude détaillée et approfondie des enseignements de Mâ.
Swami Kedarnath est l’un de ses disciples les plus proches de Mâ.
Dans ce livre, il contextualise l’approche inédite de celle-ci en exposant les fondamentaux de l'épistémologie indienne à travers les âges, nous offrant ainsi un véritable résumé de l'histoire de la philosophie indienne que couronne et illumine la vision vivante, synthétique et plénière de Mâ.
Il ne s’agit cependant pas d’une analyse de type occidental ou universitaire, il s’agit d'un véritable darshana, une vision de la Vérité ancrée dans l'expérience ineffable.
Pour l’a^me indienne traditionnelle, le concept débouche avant tout sur la contemplation et la réalisation spirituelle, et n’a de raison d’être qu’en vue de celles-ci.
C’est cet aspect essentiel qui, selon les termes mêmes de Swami Kedarnath, rend la Connaissance de la Vérité complète et absolue.
Citation
Srî Mâ Ânandamayî résolut un jour, au cours d’une conversation importante, l’énigme de sûnya et Mahâsûnya de cette manière :
« La forme est réellement vide. Il faut voir que la liberté de la forme signifie vraiment la réalisation que la forme elle-même est le vide.
De cette façon, le monde (du sujet et des objets) se révèle comme vide (sûnya) avant de se fondre dans le Grand Vide (Mahâsûnya).
Le vide qui est perçu dans le monde est une partie de « prakrti » et donc encore forme. De ce vide, il faudra procéder au Grand Vide ».
Et expliquant « Mahâsûnya », Elle dit à une autre occasion : « Mahâsûnya est Sa forme ». Ce que l’on entend réellement par cette courte déclaration ressortira clairement d’une autre de ses paroles :
« Seul pour le Suprême il est possible d’être tout et pourtant rien, et vice-versa ».
A partir des énoncés ci-dessus, il est évident que la Réalité ou l’Absolu pour Srî Mâ Ânandamayî est une vaste résolution de tous les opposés et une Unité mystique de toutes les contradictions.
Ce qui apparaît comme une contradiction pour l’intelligence, est une résolution pour la « révélation ». Là où le mental échoue, la foi l’emporte.
